PREMIÈRE PARTIE

Dernier ajout : 29 juin 2008.

La veille du scrutin du 26 mars, d’où va émerger la Commune, le Comité central de la Fédération de la Garde nationale adresse aux Parisiens ce conseil : « Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisissez parmi vous, vivant de votre propre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables […] . Nous sommes convaincus que, si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considéreront jamais comme vos maîtres. »

Derniers articles

Cinquante-sixième épisode

Dimanche 29 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« Ah ! ceux qui croient que les chefs mènent les insurrections sont de grands innocents ! » a écrit notre Jules Vallès. Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, l’insurrection qui a mené à la Commune ne relevait d’aucun complot, d’aucune conjuration, d’aucune préméditation. Il n’est que les esprits dérangés ou immatures pour croire que tout obéit à la raison ou à la seule volonté d’une poignée d’hommes, tapis dans l’ombre de préférence. Si les matamores de la Réaction avaient été plus habiles, la (...) Lire la suite »

Cinquante-cinquième épisode

Dimanche 29 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« J’ai l’impression qu’ils rôdent toujours, comme des corbeaux autour d’une carcasse de mouton, me dit Madeleine, quelque temps après que nous eûmes croisé Gautier et Mattei. – Je dirais plutôt qu’on se regarde désormais en chiens de faïence. Mais ils n’ont plus la main… » Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, vous avez deviné que j’évoque le nouveau rapport de force qui s’était établi dans notre Paris pas encore libre. Si l’on remonte à un passé proche, on peut écrire que tout a commencé par une (...) Lire la suite »

Cinquante-quatrième épisode

Dimanche 29 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, Yves et Francesco nous apportaient des nouvelles pas si fraîches d’Eleuterio et de Michele. De fait, c’était Michele qui nous écrivait. La première partie de sa lettre avait été rédigée à la pierre de Couhard, à Autun. Lui et le vénérable Eleuterio avaient quitté Paris au début du siège pour former avec Giuseppe Garibaldi ce qui serait l’armée des Vosges, une force constituée de « bouts de ferraille » et de francs-tireurs venus des six coins de la France, de la (...) Lire la suite »

Cinquante-troisième épisode

Dimanche 29 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« J’ai toujours préféré Offenbach à Wagner. J’ai, en tant qu’Alsacien, plus d’affinités pour le Rhénan que pour le Saxon. Il faut plus de génie pour être léger et plein d’esprit que pompeux et grandiloquent. Comment Bakounine a-t-il pu être ami avec ce compositeur qui… composait avec Louis II de Bavière ? Il faut dire aussi, mon tout petit Alexandre, mon tendre François, que le souverain bavarois n’était pas si fou que cela, lui qui déjoua la manœuvre de Bismarck. Le chancelier prussien entendait en effet (...) Lire la suite »

Cinquante-deuxième épisode

Samedi 14 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« Je ne pensais pas que ça pouvait exister, s’étonna Joseph en découvrant les murs blancs à pêches. – Monsieur Élisée [Reclus – NDLA] m’a certifié qu’il y en avait environ 600 km, c’est bien plus que la distance qui sépare Mulhouse de Paris. Ces vergers produisent quelque 17 millions de pêches l’an », dis-je à mon jeune frère, comme perdu dans les jardins d’un Alhambra boréal. Mon tout petit Alexandre et toi, mon tendre François, aurez-vous un jour l’occasion de voir cette petite muraille non de Chine mais (...) Lire la suite »

Cinquante et unième épisode

Samedi 14 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« Déchéance, déchéance ! » criait un jeune géant à la tête crépue perché sur un réverbère. C’était Henry Bauër*. Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, cette journée du 22 janvier marqua un tournant dans l’Histoire et prépara définitivement l’avènement de notre Paris libre. Il était midi. Des centaines d’hommes, de femmes et même d’enfants manifestaient contre la bande de judas qui trônait à l’Hôtel de Ville et au Louvre. Les gardes nationaux étaient dans leur majorité venus désarmés ou n’avaient pas (...) Lire la suite »

Cinquantième épisode

Samedi 14 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

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Quarante-neuvième épisode

Samedi 14 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, mon tendre Joseph, je n’avais jamais ressenti une telle peine et une telle détresse. L’année 1871 s’annonçait terrible… Notre Germaine avait été assassinée, dépouillée de son alliance, et notre appartement, dépeuplé de sa joyeuse gent animale. Pauvre Cambronne, et tous nos chats câlins. Notre logis était désespérément vide. Triplement vide même, car Madeleine disparut pendant vingt-quatre longues heures. Elle et son jeune frère, le robuste Raymond. Elle s’était envolée avec mon (...) Lire la suite »

Quarante-huitième épisode

Samedi 14 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, Madeleine avait, sous le coup de l’émotion, employé le verbe assassiner avec quelque précipitation. En arrivant dans notre appartement, je découvrais que notre Germaine était encore vivante, mais son visage était tuméfié et ensanglanté. D’ailleurs tout l’appartement était couvert de sang. À son chevet se trouvaient Nathalie, heureusement infirmière de son état, et Joseph, qui me dit alors : « On a vu s’enfuir un petit groupe d’individus avec pour certains (...) Lire la suite »

Quarante-septième épisode

Samedi 14 juin 2008 // PREMIÈRE PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, cette sortie sur L’Haÿ demeura malgré tout un bon souvenir. En en revenant entier, satisfait du devoir accompli, je rencontrai enfin ce mystérieux et souriant Joseph tant attendu. Je me souviens aussi que je n’avais pas encore souffert de la faim. Mon corps m’obéissait toujours. Bientôt, comme la plupart des Parisiens qui n’avaient que la solde de la Garde nationale pour survivre, je sentirais mon être s’ankyloser. Je ne pouvais plus pratiquer ni la (...) Lire la suite »

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