TROISIÈME PARTIE

Dernier ajout : 24 novembre 2009.

Résumé des épisodes précédents…

Nous sommes vraisemblablement fin 1874. Le typographe, boxeur-français et franc-tireur Théo Fischer, originaire de Mulhouse, a été condamné à la déportation simple sur l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie, pour sa participation à la Commune. En soudoyant les gardes-chiourmes, il s’est procuré de quoi écrire et entreprend de faire le récit de ce qu’il a été pour lui la Commune de Paris à son fils ainsi qu’à son presque-frère, François Oberfeld, déserteur de la force expéditionnaire française au Mexique, et qui vit désormais au Brésil. Par l’intermédiaire du docteur Rastoul, Théo vient de recevoir, après toutes ces années, une lettre de son ami journaliste et franc-tireur Yves qui lui apprend que sa femme, Madeleine, et son fils, Alexandre, qu’il n’avait pas revus depuis le 21 mai 1871, le jour de l’entrée des troupes versaillaises dans le Paris libre, ont échappé aux massacres et vivent à Londres, avec Nathalie, la veuve de Joseph, le demi-frère algérien de Théo, mort au fort d’Issy. Infirmière de son état, Nathalie a donné naissance à une petite Louise. Avec son ami charpentier, Alfred, Théo semble rêver à quelque projet d’évasion… Quoi qu’il en soit, à ce stade du récit de Théo, nous sommes le 28 mars 1871. Paris en liesse vient d’acclamer ses élus à la Commune. Théo habite avec Madeleine rue du Château-des-Rentiers, dans le XIIIe arrondissement, dans l’appartement de sa grand-tante, Germaine, qui a été assassinée en décembre 1870 par « Oreille-Cassée » et ses hommes. Lesquels seraient à la solde de l’inspecteur Gautier, endetté par le jeu. Théo a appris qu’ »Oreille-Cassée » serait bel et bien à la recherche d’un trésor caché par Germaine… Durant la folle semaine du 18 au 28 mars, Théo a été nommé secrétaire de rédaction au « Journal officiel ». Il a fait la connaissance du rédacteur en chef, Charles Longuet, futur gendre de Karl Marx, et a, sans le savoir, dit au revoir mais peut-être pas adieu à Élisée Reclus. Après une escapade à Versailles, Joseph a été muté à l’état-major de Duval, qui travaille à l’organisation d’une armée révolutionnaire parisienne. Théo nous explique pourquoi il poursuit son récit, dont il intitule mystérieusement la partie qui suit : « le temps des rourises »…
« Rourises », c’est ainsi que son neveu de 4 ans, Antoine, appelait les cerises. Le petit a été assassiné par un gendarme sur la barricade de la rue des Trois-Bornes…

Derniers articles

Troisième épisode

Jeudi 30 mars : où il est question de Beslay et de son discours communaliste, des solliciteurs et des brassardiers. Où l’on découvre qu’avec la Commune, la loi est du côté de la Justice

Mardi 24 novembre 2009 // TROISIÈME PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, ta mère a toujours été comme ça : un tourbillon, une manière de pétroleuse qui jette sa bombe incendiaire avant de s’en aller fouetter je ne sais quel curé. Elle me laissa comme un ballot à l’« Officiel » après avoir lâché : « Ton frère m’a parlé de Laghouat… » Et moi dans l’histoire ? Laghouat, inconnu au bataillon… « Théo, s’écria Martir, qui me tirait de mes pensées, on vient de recevoir le discours du citoyen Beslay. Il y a de beaux passages. » Après avoir pris connaissance dudit (...) Lire la suite »

Deuxième épisode

Jeudi 30 mars : où Théo commente les élections. Où l’on évoque l’attitude nouvelle du Comité central, Jean-Baptiste Clément, Proudhon et une mystérieuse émissaire du Dr Marx…

Mardi 19 mai 2009 // TROISIÈME PARTIE

« Avez-vous commandé le papier pour demain, Monsieur Martir ? – Citoyen, on pourrait peut-être se tutoyer, non ? Y a pas qu’au bagne* qu’on se dit « tu »… – J’entends bien, mais je ne connais même pas ton petit nom… – Tous les amis m’appellent Martir. – Va pour Martir alors ! – À la bonne heure ! Oui, j’ai commandé le papier. Après le numéro daté de mardi, les réserves [De papier – NDLA] sont au plus bas. » Il est vrai, mon tout petit Alexandre, mon tendre François, que l’« Officiel » du 28 mars, qui publia les (...) Lire la suite »

Premier épisode

Lundi 18 mai 2009 // TROISIÈME PARTIE

« François, mon frère, cela m’a pris des jours et de longues nuits pour digérer cette formidable nouvelle, formidable au sens de déflagration. Il est inhumain de demeurer aussi longtemps dans l’incertitude, dans le noir. Madeleine, Alexandre, vous êtes en vie. Tout est possible alors. Ce procès grotesque, cette traversée nauséeuse, cette déportation ulysséenne, ces épreuves ne furent pas vaines. Ils ont égorgé notre Commune, mais ma femme et mon fils sont toujours debout. Il faut croire que la vie a plus (...) Lire la suite »