DEUXIÈME PARTIE

Dernier ajout : 25 janvier 2009.

Résumé des épisodes précédents…

Nous sommes en 1873 voire 1874. Le typographe, boxeur-français et franc-tireur Théo Fischer, originaire de Mulhouse, a été condamné à la déportation simple sur l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie, pour sa participation à la Commune. Il est sans nouvelles de sa femme, Madeleine, et de son fils, Alexandre, né le 21 mai 1871, le jour de l’entrée des troupes versaillaises dans le Paris libre.
En soudoyant les gardes-chiourmes, il s’est procuré de quoi écrire et entreprend de faire le récit de ce qu’il a été pour lui la Commune de Paris à son fils ainsi qu’à son presque-frère, François Oberfeld, déserteur de la force expéditionnaire française au Mexique, et qui vit désormais au Brésil.
À ce stade du récit, nous sommes le 18 mars 1871. Théo habite avec Madeleine rue du Château-des-Rentiers, dans le XIIIe arrondissement, dans l’appartement de sa grand-tante, Germaine, qui a été assassinée en décembre, vraisemblablement par des voyous à la solde des inspecteurs Gautier et Mattei, qui harcèlent le couple depuis août 1870.
Madeleine a annoncé à Théo qu’elle était enceinte le soir même de l’insurrection du 31 octobre. Par l’entremise du musicologue Francisco Salvador Daniel, Théo a fait la connaissance de son demi-frère algérien, Joseph, un spahi blessé en Alsace, et qui vit avec l’infirmière qui lui a sauvé la jambe droite, Nathalie.
Le gouvernement de Défense nationale a signé un armistice avec Bismarck le 26 janvier. Paris réagit à la trahison. Craignant un coup d’État monarchiste, la Garde nationale s’est fédérée dès le 15 février. Paris connaît une vague de manifestations sans précédent, le général Vinoy peine à rétablir « l’ordre ». Avec Thiers, il entreprend au petit matin du 18 mars de reprendre aux Parisiens les canons qu’ils ont payés à force de sacrifices sous le Siège…

Derniers articles

Vingt-deuxième épisode

Mardi 28 mars : Paris en liesse acclame ses élus à la Commune. Vallès célèbre ce moment immortel. Sur l’île des Pins, Théo reçoit une lettre, enfin…

Dimanche 25 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, Élisée avait une nouvelle fois raison. Cette promenade à cheval le long de la Bièvre, malgré quelques effluves désagréables à hauteur des tanneries, me fit le plus grand bien. Faire corps avec un cheval, voilà qui nous met en harmonie avec le monde. Je retrouvais mes pénates imaginaires, me rappelait les leçons que nous prodiguait mon père – t’en souvient-il, François ? Autrefois, dans des temps immémoriaux, le cheval était un gibier pour l’homme, disait (...) Lire la suite »

Vingt et unième épisode

Lundi 27 mars : où l’on apprend l’existence de Monsieur Martir. Yves et Théo s’entretiennent avec les frères Reclus

Dimanche 25 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, je revins en fin d’après-midi à l’« Officiel »… bredouille. « Oreille-Cassée » nous avait fait faux bond, le bougre. Mais je n’avais pas perdu ma journée. Au journal, où je rentrais abandonnant ma migraine sur le pavé des Grands Boulevards, nous arrivaient progressivement les résultats des élections. J’étais derechef partagé entre l’émotion de la victoire et la digue des abstentions qui avait limité le raz-de-marée révolutionnaire. « Ça fait peur de voter pour sa (...) Lire la suite »

Vingtième épisode

Lundi 27 mars : Eugène et Théo commentent le manifeste du Comité des Vingt arrondissements. Théo rencontre son nouveau « patron », Charles Longuet…

Dimanche 25 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« S’il te plaît, Eugène, parle moins fort, j’ai mal au crâne, nous avons trop bu à l’indépendance du monde hier soir. Pour tout dire, je suis aussi courbatu et même un peu abattu. _ » Je m’attendais à mieux. Notre XIIIe m’a déçu, je pensais que les excentrés étaient plus rouges. – Ce que le protestant peut être rabat-joie. Léo Meillet, Duval, Chardon vont être proclamés élus à ce que je sache. – Mais l’autre Léo, le lion hongrois, Fränkel, n’a obtenu que 4 080 voix. – Pour un cosmopolite, c’est bien suffisant (...) Lire la suite »

Dix-neuvième épisode

Dimanche 26 mars : Paris en fête vote en toute liberté. Gaston serait-il un brin antisémite ? La Commune n’est pas une révolution de plus…

Dimanche 25 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« Je t’ai recousu ta vareuse et t’ai mis un bouton tout neuf. Il faut que tu te fasses beau pour aller voter. – Tu es un ange, Madeleine. – Ça existe pas, les angelots, c’est des bondieuseries. » C’est la mère Mercier qui t’a fripé ton pantalon avec son gros popotin ? – Non, c’est Madame [Illisible– NDLA]. Elle était captivée par mon frère, qui “cause comme un livre”. Elle qui croyait, il n’y a pas si longtemps encore, que tous les Africains étaient cannibales. Tu as beau dire, la marche inexorable de (...) Lire la suite »

Dix-huitième épisode

Dimanche 26 mars : Joseph revient de Versailles avec de « bonnes nouvelles »…

Mercredi 21 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« Qui a dit que le dimanche était un jour de tout repos ? Je me réveillais le crâne fracassé. Madeleine et Nathalie étaient sorties. Mon amazone devait déjà être en train de refaire le monde chez les voisins. Un jour, mon tout petit Alexandre, mon tendre François, je vous parlerai de la communauté de la rue du Château-des-Rentiers. Déjà d’une manière générale, cette vie de quartier expliquerait l’héroïsme des communeux. Nous vivions et travaillions dans le même quartier (sauf moi, désormais exilé au bord (...) Lire la suite »

Dix-septième épisode

Samedi 25 mars au soir. Théo et ses dames font une mauvaise rencontre…

Lundi 19 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« Le citoyen Duval avait montré son énergie vis-à-vis des marchands de rêve qu’étaient les margoulins taquineurs de jeu de hasard. (Mon tendre François, j’ai appris grâce à toi et tes lettres que dans le pays où tu vis à présent hasard est synonyme de malchance*.) Mais, qui aurait pu le lui reprocher, Duval ne parvint pas instantanément à nettoyer notre Paris des chenapans de bouge et autres voleurs que Thiers avait lâchés la veille du 18 Mars, histoire de semer le désordre dans la capitale pour faciliter (...) Lire la suite »

Seizième épisode

Samedi 25 mars : le Comité central fait interdire les jeux de hasard. Les Parisiens choisissent les candidats qu’ils voudraient voir se présenter aux élections… Théo reçoit une splendide canne à épée…

Lundi 19 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, j’ai, en effet failli, ne jamais voter pour la Commune… Yves repassa en fin d’après-midi à l’« Officiel » avec un drôle de présent, dont l’ironie devait me sauver la vie. « Tiens, me dit-il, en enquêtant sur les “Amis de l’ordre”, un brave garde national m’a remis cette somptueuse canne à épée ayant appartenu à un émeutier. Je me permets de te l’offrir, vu que tu n’es plus vraiment un ouvrier et que tu sais manier l’engin grâce aux leçons de Charlemont. – Tu es (...) Lire la suite »

Quinzième épisode

25 mars toujours : le Comité central donne une belle définition de la démocratie. Francisco Daniel emmène ces dames au concert…

Lundi 19 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, j’étais abasourdi. Mon frère, parti depuis deux jours pour Versailles… En uniforme par surcroît ! Il était impossible qu’il désertât notre Paris libre et aussi et surtout sa Nathalie, dont le ventre s’arrondissait de jour en jour ! Une petite voix intérieure m’interdisait de croire en sa trahison. Je ne le connaissais que depuis quelques mois mais bon sang, ou presque, ne saurait mentir. Son goût de l’aventure devait cacher une saine mission, mais (...) Lire la suite »

Quatorzième épisode

25 mars : un tueur d’Indiens témoigne pour les fédérés. Un Fischer disparaît…

Lundi 19 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

« Yves, elle est parfaite, ton enquête. “Les Amis de l’ordre” ne pourront plus nous accuser d’avoir délibérément fait tirer sur des manifestants pacifiques. – Je vais aller proposer mes services à Rigault* si ça continue… – Et la disposition du corps du vicomte de Molinet**, du grand art. Ce ne sont pas nos gardes nationaux qui l’ont abattu, mais les émeutiers eux-mêmes. – Si pour le peuple enfant, on invente la fable, pour le peuple viril, il faut la vérité. – Très joli, c’est de toi ? – Oui et je (...) Lire la suite »

Treizième épisode

24 mars  : vers un nouvel ajournement des élections communales ? Théo reçoit une lettre de Londres…

Lundi 19 janvier 2009 // DEUXIÈME PARTIE

«  Mon tout petit Alexandre, mon tendre François, la presse aux ordres nous aboyait dessus, nous traitant d’assassins alors que rarement révolution fut aussi pacifique. Seulement voilà, toute patience a ses limites. Le Comité, fort de sa volonté de dialoguer et d’éviter que le sang coulât, délégua Brunel, Protot, Lisbonne, trois virils s’il en fut, pour déloger les séditieux retranchés dans les mairies des Ier et IIe arrondissements. Cependant, arrivés à la mairie du Ier, que gardait le 14e bataillon, sous (...) Lire la suite »

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