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		<title>Troisi&#232;me &#233;pisode</title>
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		<description>&#171; Mon tout petit Alexandre, ta m&#232;re a toujours &#233;t&#233; comme &#231;a : un tourbillon, une mani&#232;re de p&#233;troleuse qui jette sa bombe incendiaire avant de s'en aller fouetter je ne sais quel cur&#233;. Elle me laissa comme un ballot &#224; l'&#171; Officiel &#187; apr&#232;s avoir l&#226;ch&#233; : &#171; Ton fr&#232;re m'a parl&#233; de Laghouat&#8230; &#187; Et moi dans l'histoire ? Laghouat, inconnu au bataillon&#8230; &#171; Th&#233;o, s'&#233;cria Martir, qui me tirait de mes pens&#233;es, on vient de recevoir le discours du citoyen Beslay. Il y a de beaux passages. &#187; Apr&#232;s avoir pris connaissance dudit (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;TROISI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mon tout petit Alexandre, ta m&#232;re a toujours &#233;t&#233; comme &#231;a : un tourbillon, une mani&#232;re de p&#233;troleuse qui jette sa bombe incendiaire avant de s'en aller fouetter je ne sais quel cur&#233;. Elle me laissa comme un ballot &#224; l'&#171; Officiel &#187; apr&#232;s avoir l&#226;ch&#233; : &#171; Ton fr&#232;re m'a parl&#233; de Laghouat&#8230; &#187; Et moi dans l'histoire ? Laghouat, inconnu au bataillon&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;&#171; Th&#233;o, s'&#233;cria Martir, qui me tirait de mes pens&#233;es, on vient de recevoir le discours du citoyen Beslay. Il y a de beaux passages. &#187;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_75 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:330px;' &gt;
&lt;img src='http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L330xH208/Canons_de_Montmartre-849c4.jpg' width='330' height='208' alt=&quot;&quot; style='height:208px;width:330px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;
&lt;br&gt;Apr&#232;s avoir pris connaissance dudit texte, je ne partageai gu&#232;re son enthousiasme. Le discours de Beslay &#233;tait de teneur communaliste. &#171; C'est par la libert&#233; compl&#232;te de la Commune que la R&#233;publique va s'enraciner chez nous. &#187; Le vieux jacobin parlait de gestion probe, d'honn&#234;tet&#233;, de &#171; contr&#244;le s&#233;v&#232;re &#187;, d'un gouvernement &#171; mandataire docile du suffrage universel et gardien de la R&#233;publique &#187;. N&#233;anmoins, il s'exclamait brillamment : &#171; La R&#233;publique de 93 &#233;tait un soldat qui, pour combattre au dehors et au dedans, avait besoin de centraliser sous sa main toutes les forces de la patrie ; la R&#233;publique de 1871 est un travailleur qui a surtout besoin de libert&#233; pour f&#233;conder la paix &#187;et faire de la France &#171; la protectrice et l'esp&#233;rance des opprim&#233;s dans le monde, et le fondement de la R&#233;publique universelle &#187;. &lt;br&gt;&#171; Mon &#226;ge ne me permettra pas de prendre part &#224; vos travaux, poursuivait Beslay, mes forces trahiraient trop souvent mon courage et vous avez besoin de vigoureux athl&#232;tes. Dans l'int&#233;r&#234;t de la propagande, je serai donc oblig&#233; de donner ma d&#233;mission, [mais] je saurai vous continuer mon concours le plus d&#233;vou&#233; et servir comme vous la sainte cause du travail et de la R&#233;publique. &#187;
&lt;br&gt;D&#233;mission sur laquelle il reviendrait.
&lt;br&gt;Je souriais en pensant aux lignes que j'avais lues dans &#171; le Fran&#231;ais &#187; de la veille : &#171; Derri&#232;re les hommes de d&#233;sordre, les aventuriers cosmopolites, les intrigants de tout parti qui se sont empar&#233;s par la violence du pouvoir [se trouvent] les socialistes ; ce sont eux qui croient avoir un syst&#232;me, une recette l&#233;gislative pour organiser le travail, supprimer le salaire, d&#233;truire la tyrannie du capital et faire dispara&#238;tre la mis&#232;re. &#187; Beslay serait donc un socialiste de l'ombre, une taupe de l'Internationale&#8230; Que cette presse pouvait &#234;tre stupide !
&lt;br&gt;Aujourd'hui, les Bretons s'&#233;taient conjur&#233;s pour refroidir mes ardeurs. Yves revint, en effet, au journal avec cette information : &#171; J'ai vu ton beau-fr&#232;re, Jules, pas Gaston, dans les couloirs de l'H&#244;tel-de-Ville. &lt;br&gt;&#8211; Ne me dis pas que le mari de ma s&#339;ur est devenu blanquiste ?
&lt;br&gt;&#8211; Penses-tu&#8230; il faisait partie du flot des solliciteurs !
&lt;br&gt;&#8211; Pauvre Jeanne&#8230; &#187;
&lt;br&gt;Eh oui ! ma s&#339;ur ne m&#233;ritait pas ce Jules-l&#224;&#8230; Une plaie vivante. Yves me raconta combien les regards trahissaient les opinions. Il avait vu, dans la Maison commune, de vieux combattants de la Sociale &#233;mus comme des gamins, vivant enfin ! leur r&#234;ve. Leurs camarades n'&#233;taient pas tomb&#233;s en vain sur les barricades de Juin. Le monde &#224; gagner &#233;tait maintenant l&#224;, &#224; port&#233;e d'utopie.
&lt;br&gt;Leurs regards semblaient dire &#171; enfin &#187;. Celui de Jules : &#171; h&#233;las ! &#187;.
&lt;br&gt;Oh, Jules n'&#233;tait pas le seul, &#224; en croire Yves, &#224; se complaire dans la posture humiliante de celui qui qu&#233;mande un laissez-passer pour ses marchandises ou sa famille. Polis, l'&#233;chine souple, hauts commer&#231;ants et gros industriels se confondaient en sourires et autres salamalecs. Ils entraient, pleins de peur mais aussi de col&#232;re, dans la fosse aux lions. &lt;br&gt;Deux mois plus tard, la plupart d'entre eux vireraient brassardiers, d&#233;non&#231;ant les communeux qui les avaient pourtant aid&#233;s, mais aussi un voisin qu'ils jalousaient, un rival dans les affaires&#8230; Combien d'hommes et de femmes, disons, neutres sous la Commune finiraient eux aussi fusill&#233;s sur une simple d&#233;nonciation*, ou, pire encore, &#224; la suite d'un quiproquo. &lt;br&gt;&#171; Tuons-les tous, dieu reconna&#238;tra les siens &#187;, serait la devise des pelotons versaillais dans cette Saint-Barth&#233;lemy moderne.
&lt;br&gt;Je pense soudain &#224; toutes ces bonnes &#226;mes qui lynch&#232;rent Varlin, s'amus&#232;rent &#224; rouer de coups de canne le cadavre de Rigault, crach&#232;rent sur &#201;lis&#233;e Reclus, &#224; ces bourgeoises qui martyris&#232;rent de leurs ombrelles les femmes et les hommes de notre Paris encag&#233;s comme des b&#234;tes fauves, applaudirent quand on promena dans une charrette de fumier le corps sans vie de Flourens !
&lt;br&gt;Dire que tous ces barbares bien-n&#233;s furent &#233;lev&#233;s dans l'amour du Christ&#8230;
&lt;br&gt;&#192; ce que je sache, notre Jules eut l'&#233;l&#233;gance de ne d&#233;noncer personne. Il s'accommoderait de la Commune, ferait des affaires et combattrait m&#234;me au d&#233;but de la Semaine sanglante avant de tomber l'uniforme et de trouver, m'a-t-on dit, refuge en Normandie&#8230; D'o&#249; il serait vite revenu. &lt;br&gt;Se servant un grand verre de vin blanc, Yves tenta de dissiper les nuages qui noircissaient mon humeur : &#171; Beslay est un bon bougre, un brave bourgeois sinc&#232;re et qui ne fera rien contre la Sociale. N'emp&#234;che que la Commune avec son d&#233;cret sur les loyers a marqu&#233; un point. Elle a effac&#233; la trahison de la fausse R&#233;publique. &#187;
&lt;br&gt;Yves avait raison de me rappeler que la suppression du moratoire sur les loyers avait &#233;t&#233; un des ferments de l'insurrection du 18 Mars. D&#233;sormais, sous la Commune, la loi penchait du c&#244;t&#233; de la Justice !
&lt;br&gt;Onze jours plus tard, la Commune, &#171; consid&#233;rant que le travail, l'industrie et le commerce [avaient] support&#233; toutes les charges de la guerre, qu'il [&#233;tait] juste que la propri&#233;t&#233; [f&#238;t] au pays sa part de sacrifice, d&#233;cr&#233;tait la remise g&#233;n&#233;rale aux locataires des termes d'octobre 1870, janvier et avril 1871, [&#8230;] toutes les sommes pay&#233;es par les locataires pendant les neuf mois [&#233;tant] imputables aux termes &#224; venir. &#187; &lt;br&gt;Ce d&#233;cret fit, bien s&#251;r, l'unanimit&#233; chez les ouvriers mais aussi chez les petits commer&#231;ants et les artisans, tous menac&#233;s d'expulsion. &#192; commencer par notre g&#233;ant d&#233;bonnaire, Lukas. Le soulagement fut g&#233;n&#233;ral, m&#234;me si parfois les mis&#233;rables avaient du mal &#224; croire que la loi d&#233;sormais n'&#233;tait plus leur ennemie**. &lt;br&gt;Le quotidien satirique &#171; le Charivari &#187; s'&#233;tait fendu de ces lignes : &#171; Tout ce qu'ont fait les repr&#233;sentants parlementaires et communaux de Paris n'est peut-&#234;tre pas de la politique bien orthodoxe, mais c'est de l'humanit&#233; bien entendue. &#187;
&lt;br&gt;Se servant un autre verre, Yves ajouta : &#171; Imagines-tu le changement de civilisation qu'un tel d&#233;cret implique ? La loi qui prot&#232;ge les pauvres, c'est du jamais vu !
&lt;br&gt;&#8211; Et tu remarqueras qu'ils ne r&#233;clament pas le basculement des privil&#232;ges, la justice leur suffit.
&lt;br&gt;&#8211; Les propri&#233;taires ont fait ripaille. Certains se sont m&#234;me engraiss&#233;s sous le Si&#232;ge. Ils ont la larme facile. &#199;a pleurniche et c'est sans c&#339;ur pour les mis&#233;reux. Bande de fils de pr&#234;tres ! &#187; &lt;br&gt;Ce blasph&#232;me eut curieusement le pouvoir d'attirer un fils du Livre que je n'avais pas revu depuis quatre jours&#8230; &#171; Madeleine m'a dit que tu voulais me parler ?
&lt;br&gt;&#8211; Entre, Joseph. Oui et non, ou plut&#244;t, il faut que tu me parles de ce Laghouat&#8230; &#187;
&lt;br&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;i&gt;* Dans son &#171; Dictionnaire de la Commune &#187;, Bernard No&#235;l &#233;crit : &#171; La Commune, ou plut&#244;t sa commission de la S&#251;ret&#233; g&#233;n&#233;rale, avait arr&#234;t&#233; qu'elle ne tiendrait pas compte des d&#233;nonciations anonymes, attendu, fut-il pr&#233;cis&#233; dans le &#8220;Journal officiel&#8221;, que &#8220;l'homme qui n'ose signer une d&#233;nonciation sert une rancune personnelle et non l'int&#233;r&#234;t public.&#8221; &lt;br&gt; &#187; La r&#233;pression versaillaise, durant la Semaine sanglante et les semaines qui suivirent, fut aggrav&#233;e non seulement par l'action des brassardiers, mais par une vague sans pr&#233;c&#233;dent de d&#233;nonciations : il y en eut selon les chiffres officiels, 399 823. Une sur vingt &#233;tait sign&#233;e. &#187;
&lt;br&gt;** Dans sa formidable &#171; Histoire populaire et parlementaire de la Commune &#187;, Arthur Arnould, qui remplacera Longuet &#224; la t&#234;te du &#171; Journal officiel &#187;, commente le moratoire sur les loyers avec l'humanit&#233; et le lyrisme qu'on lui conna&#238;t : &#171; Ce d&#233;cret nous donna beaucoup d'occupations. Les pauvres gens qui en profit&#232;rent, et ils furent nombreux, n'osaient croire &#224; la protection r&#233;elle de la loi et ne se servaient de leur droit qu'avec h&#233;sitation. D'autre part, les propri&#233;taires habitu&#233;s &#224; voir tous les privil&#232;ges de leur c&#244;t&#233;, tous les devoirs du c&#244;t&#233; des locataires, convaincus par une longue pratique et la partialit&#233; du Code que les int&#233;r&#234;ts de leur bourse sont absolument sacr&#233;s, au-dessus de toutes les consid&#233;rations d'ordre moral ou de salut public, s'opposaient &#224; l'ex&#233;cution du d&#233;cret et mena&#231;aient leurs locataires r&#233;calcitrants. Il nous fallut donc [&#8230;] jouer le r&#244;le de juges de paix [&#8230;] leur expliquer la nouvelle loi et veiller &#224; son ex&#233;cution stricte.
&lt;br&gt; &#187; Je vois encore avec quel &#233;tonnement reconnaissant les pauvres apprenaient qu'il &#233;tait bien vrai qu'on avait song&#233; &#224; eux, et que, pour la premi&#232;re fois, ils allaient trouver un appui r&#233;el aupr&#232;s des agents du Pouvoir. Cet &#233;tonnement &#233;tait, certes, la satire la plus &#233;loquente et la plus cruelle qu'on p&#251;t faire de l'ancien &#233;tat social, redevenu l'&#233;tat actuel. Le malheureux est tellement habitu&#233; &#224; trouver une ennemie dans la loi, il est tellement convaincu qu'il aura tort, toujours tort, dans sa lutte contre les privil&#233;gi&#233;s, il est si bien accoutum&#233; &#224; &#234;tre broy&#233; sans piti&#233; par les pr&#233;tentions et l'omnipotence sans entrailles des gros &#233;cus, qu'il ne comprend pas, d'abord, qu'il en soit autrement.
&lt;br&gt; &#187; Que de fois, j'ai eu des conversations dans le genre de celle-ci.
&lt;br&gt; &#187; Une femme demandait &#224; parler au membre de la Commune. Elle entrait timidement, inqui&#232;te, habill&#233;e de ses v&#234;tements les plus propres, souvent en deuil. Elle attendait d'&#234;tre seule pour s'expliquer.
&lt;br&gt;&#8211; Citoyen, disait-elle alors, est-il vrai que je puisse d&#233;m&#233;nager et emporter mes meubles, sans payer les termes en retard de mon loyer ?
&lt;br&gt;&#8211; Parfaitement, citoyenne. N'avez-vous pas lu le d&#233;cret de la Commune ?
&lt;br&gt;&#8211; Si, mais je craignais d'avoir mal compris.
&lt;br&gt;&#8211; Avez-vous le moyen de payer ces termes ?
&lt;br&gt;&#8211; Comment l'aurais-je ? Voil&#224; huit mois que je suis sans ouvrage. Nous avons v&#233;cu, depuis ce temps, avec la solde de mon mari, garde dans tel bataillon [&#8230;] Il a fallu, avec cela, nourrir mes enfants. Tout ce qui pouvait s'engager est au mont-de-pi&#233;t&#233;. [&#8230;]
&lt;br&gt;&#8211; Quel est votre propri&#233;taire ?
&lt;br&gt;&#8211; C'est un tel !
&lt;br&gt;(Ici apparaissait, le plus souvent, le nom de quelque riche banquier, ou n&#233;gociant, ou entrepreneur, bien connu dans le quartier pour sa grande fortune.)
&lt;br&gt;&#8211; Eh bien, citoyenne, vous n'avez qu'&#224; d&#233;m&#233;nager quand vous le voudrez.
&lt;br&gt;&#8211; Et on ne me gardera rien ?
&lt;br&gt;&#8211; Rien !
&lt;br&gt;&#8211; Je pourrai emporter mes meubles, mon linge, mes v&#234;tements, ceux de mes enfants, ma machine &#224; coudre&#8230; ?
&lt;br&gt;&#8211; Vous pourrez tout emporter.
&lt;br&gt;&#8211; Mais le propri&#233;taire s'y opposera. Il est impitoyable. L'ann&#233;e derni&#232;re, il a fait saisir une pauvre femme dont le mari &#233;tait &#224; l'hospice depuis plusieurs mois.
&lt;br&gt;&#8211; L'ann&#233;e derni&#232;re, il a fait ce qu'il a voulu. La loi &#233;tait pour lui. Aujourd'hui, la loi est pour la justice. La propri&#233;t&#233; du pauvre est aussi sacr&#233;e que celle du riche. Chacun doit supporter sa part des malheurs publics. Cette part, pour vous, s'appelle le ch&#244;mage, un hiver sans feu, des journ&#233;es sans pains, les enfants malades faute de nourriture suffisante, la sant&#233; de la m&#232;re ruin&#233;e. La morale ne permet pas que le plus riche d&#233;pouille le plus pauvre, qu'il le jette sur le pav&#233; sans asile, qu'il s'approprie le produit total de votre travail, pour s'&#233;pargner une g&#234;ne momentan&#233;e. Si vous ne lui payez pas son terme, sa maison lui reste, sa situation est donc intacte. S'il oppose quelque r&#233;sistance &#224; votre d&#233;part, venez &#224; la mairie. Vous y trouverez l'appui n&#233;cessaire.
&lt;br&gt; &#187; Bien souvent, la pauvre femme s'en allait les larmes aux yeux, apr&#232;s avoir exprim&#233; sa surprise et sa reconnaissance d'une fa&#231;on touchante.
&lt;br&gt; &#187; Nous essayions alors de lui faire comprendre qu'elle ne devait pas nous remercier, qu'il ne s'agissait pas l&#224; d'un acte d'humanit&#233; passager, d'une aum&#244;ne d&#233;guis&#233;e [&#8230;] mais d'une des mille applications du retour au droit, &#224; la justice, &#224; l'&#233;galit&#233;.
&lt;br&gt; &#187; Dans ces moments-l&#224;, on se sentait heureux de repr&#233;senter le Pouvoir, d'&#234;tre &#224; m&#234;me de tendre une main ferme et loyale &#224; ceux qui souffrent, de relever ceux qu'on &#233;crase, de faire p&#233;n&#233;trer un rayon de soleil dans ces couches profondes o&#249; d&#233;sesp&#232;rent les d&#233;sh&#233;rit&#233;s, et de leur dire :
&lt;br&gt;&#8211; Debout, fr&#232;re, ta place t'est r&#233;serv&#233;e ! &#187;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Deuxi&#232;me &#233;pisode</title>
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		<description>&#171; Avez-vous command&#233; le papier pour demain, Monsieur Martir ? &#8211; Citoyen, on pourrait peut-&#234;tre se tutoyer, non ? Y a pas qu'au bagne* qu'on se dit &#171; tu &#187;&#8230; &#8211; J'entends bien, mais je ne connais m&#234;me pas ton petit nom&#8230; &#8211; Tous les amis m'appellent Martir. &#8211; Va pour Martir alors ! &#8211; &#192; la bonne heure ! Oui, j'ai command&#233; le papier. Apr&#232;s le num&#233;ro dat&#233; de mardi, les r&#233;serves [De papier &#8211; NDLA] sont au plus bas. &#187; Il est vrai, mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, que l'&#171; Officiel &#187; du 28 mars, qui publia les (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;TROISI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Avez-vous command&#233; le papier pour demain, Monsieur Martir ?&lt;br/&gt;
&#8211; Citoyen, on pourrait peut-&#234;tre se tutoyer, non ? Y a pas qu'au bagne* qu'on se dit &#171; tu &#187;&#8230;&lt;br/&gt;
&#8211; J'entends bien, mais je ne connais m&#234;me pas ton petit nom&#8230;&lt;br/&gt;
&#8211; Tous les amis m'appellent Martir.&lt;br/&gt;
&#8211; Va pour Martir alors !&lt;br/&gt;
&#8211; &#192; la bonne heure ! Oui, j'ai command&#233; le papier. Apr&#232;s le num&#233;ro dat&#233; de mardi, les r&#233;serves [De papier &#8211; NDLA] sont au plus bas. &#187;&lt;br/&gt;
Il est vrai, mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, que l'&#171; Officiel &#187; du 28 mars, qui publia les r&#233;sultats des &#233;lections**, s'&#233;tait arrach&#233; comme la viande de chat sous le premier si&#232;ge.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_74 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:456px;' &gt;
&lt;img src='http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L456xH261/Le_temps_des_rourises-2-50950.jpg' width='456' height='261' alt=&quot;&quot; style='height:261px;width:456px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Dois-je sacrifier &#224; l'analyse purement politique &#224; laquelle les publicistes versaillais se sont livr&#233;s ? Je n'ai point de dilection pour ce genre d'exercice. Je me contenterais d'&#233;crire que sur quatre-vingt-douze si&#232;ges, quatre-vingts furent pourvus d&#232;s le 27 mars.
&lt;br/&gt;De fait, seulement soixante-dix-neuf, notre Blanqui &#233;tant d&#233;tenu quelque part***.
&lt;br/&gt;Quant &#224; la participation, elle refl&#233;tait l'&#233;tat de notre cit&#233;. Soixante-seize pour cent d'abstentions dans le VIIIe arrondissement, o&#249; les francs-fileurs se comptaient par centaine. En revanche, dans le nord et l'est de Paris, la participation &#233;tait &#233;crasante, sup&#233;rieure &#224; la moyenne. Les &#233;lus des XIe, XIIe et XVIIIe le furent avec des scores compris entre quarante et cinquante pour cent des voix.
&lt;br/&gt;Par ailleurs, au sein des &#233;lus, certains ne s'&#233;tant pas pr&#233;sent&#233;s refus&#232;rent, partant, de si&#233;ger. A ceux-l&#224; il fallut ajouter quelque dix-huit d&#233;missionnaires.
&lt;br/&gt;Et les &#233;tiquettes me demanderez-vous ? Le Comit&#233; central des Vingt arrondissements put l&#233;gitimement revendiquer le succ&#232;s d'une cinquantaine de candidats. Son grand rival, le Comit&#233; central de la Garde nationale, eut treize &#233;lus. Le &#171; parti des maires &#187;, des ventres mous favorables &#224; une r&#233;conciliation avec Versailles, obtint quelque dix-neuf &#233;lus. Il ne pesait gu&#232;re face aux soixante r&#233;volutionnaires, dont neuf blanquistes, quatre jacobins et onze socialistes &#171; ind&#233;pendants &#187;.
&lt;br/&gt;&#171; Ce qui compte, Th&#233;o, me dit Martir, ce n'est pas la couleur de l'&#233;tendard, c'est ce que les bougres ont dans la tripaille. Mais j'ai de l'espoir : un peuple qui vote pour un po&#232;te comme Cl&#233;ment**** est digne qu'on se batte pour lui. &#187;
&lt;br/&gt;Plus de quatorze mille bonshommes s'&#233;taient prononc&#233;s pour l'auteur du &#171; Temps des cerises &#187;. Mais notre po&#232;te, qui avait mang&#233; de la vache enrag&#233; toute sa vie, n'&#233;tait pas un contemplatif. Il prendrait vite une part active au sein de la Commission des services publics et des Subsistances. Poste strat&#233;gique s'il en fut, car plus que les bombardements des versaillais, nos femmes craindraient rapidement un second si&#232;ge synonyme de privations. &#171; Plut&#244;t mourir que de recommencer &#224; faire la queue &#187;, diraient-elles bient&#244;t.
&lt;br/&gt;En effet, l'inf&#226;me Foutriquet singeant les Prussiens voulut nous mettre &#224; genoux en nous affamant. C'&#233;tait sans compter sur l'efficacit&#233; des hommes de la Commune quant &#224; ravitailler la population. Que ne furent-ils aussi dou&#233;s en affaires militaires&#8230;
&lt;br/&gt;Quoi qu'il en f&#251;t, sous la Commune, le temps s'&#233;tant acc&#233;l&#233;r&#233;, nous n'avions gu&#232;re le loisir de nous perdre dans nos pens&#233;es&#8230;
&lt;br/&gt;On rentrait parfois &#224; l'&#171; Officiel &#187; comme dans un moulin. Les visites impromptues s'y multipliaient. Pour ma plus grande joie&#8230;
&lt;br/&gt;Survint comme presque tous les jours notre reporter paimpolais avec des nouvelles fra&#238;ches du front parlementaire. &#171; Avouons-le, s'&#233;cria Yves, le Comit&#233; central est moins accueillant qu'avant.
&lt;br/&gt;&#8211; Que veux-tu dire ?
&lt;br/&gt;&#8211; Qu'une fois la t&#226;che accomplie, les hommes redeviennent des hommes. Ceux du Comit&#233; ont &#233;t&#233; admirables. Ils &#233;taient port&#233;s par le souffle de l'Histoire, par le peuple. Du coup, ils ont du mal &#224; rendre les cl&#233;s de l'H&#244;tel-de-Ville.
&lt;br/&gt;&#8211; Tu es abscons, le Breton, tonna Martir.
&lt;br/&gt;&#8211; C'est que les &#233;lus ont eu toutes les peines du monde &#224; trouver une salle o&#249; se r&#233;unir. La suite du Comit&#233; central occupe toutes les pi&#232;ces. Les hommes de faction ont m&#234;me &#233;conduit certains &#233;lus. &#187;
&lt;br/&gt;Je n'en croyais pas mes oreilles. J'&#233;tais catastroph&#233;.
&lt;br/&gt;&#171; Nos &#233;lus ont si&#233;g&#233; dans une pi&#232;ce pleine de poussi&#232;re, poursuivit Yves. Une d&#233;l&#233;gation de trois membres est venue leur remettre les pouvoirs du Comit&#233; central et la Commune a vot&#233; que le Comit&#233; avait bien m&#233;rit&#233; de la R&#233;publique et du peuple de Paris.
&lt;br/&gt;&#8211; Quand m&#234;me, soupirai-je&#8230;
&lt;br/&gt;&#8211; Il fallait s'attendre &#224; ce que le Comit&#233; garde un &#339;il jaloux sur les affaires de la cit&#233;. C'est gr&#226;ce &#224; lui que nous avons &#233;lu notre Commune.
&lt;br/&gt; &#187; D'ailleurs, vous savez que c'est notre admirable Eudes***** qui a officiellement propos&#233; que le nouveau conseil municipal porte le nom de Commune de Paris.
&lt;br/&gt;&#8211; Les mots valent, trancha Martir. La Commune de Paris, &#231;a fait peur aux tyrans.&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_72 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:290px;' &gt;
&lt;img src='http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L290xH501/beslay-4bdb1.jpg' width='290' height='501' alt=&quot;&quot; style='height:501px;width:290px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;
&lt;br/&gt;&#8211; C'est notre vieux Beslay, continua Yves, soixante-quinze ans, qui a &#233;t&#233; nomm&#233; pr&#233;sident de la premi&#232;re s&#233;ance de&#8230; la Commune.
&lt;br/&gt;&#8211; C'est un &#233;loquent, le Beslay, l&#226;cha Martir, une bonne &#226;me&#8230;
&lt;br/&gt;&#8211; De lui, les rupins n'ont rien &#224; craindre, l&#226;cha Yves. On raconte qu'il entretient de bons rapports avec les gens de la Banque de France. Je ne dirai pas de mal de lui, c'est un pays******.
&lt;br/&gt;&#8211; Et un proudhonien, ajoutai-je. Il a essay&#233;, quand il &#233;tait patron de son usine de construction de machines &#224; vapeur, de concilier le capital avec le travail&#8230;
&lt;br/&gt;&#8211; Le mariage de la carpe et du lapin, ricana Madeleine, qui venait d'enfoncer la porte du bureau. Salut la compagnie !
&lt;br/&gt;&#8211; Mesdemoiselles, fis-je, en saluant par la m&#234;me Nathalie, qui accompagnait mon amazone.
&lt;br/&gt;&#8211; On passait quai Voltaire, avant de rejoindre Montmartre, dit Madeleine tout sourire. On a rendez-vous avec une Russe, une myst&#233;rieuse &#233;missaire du docteur Marx, ah ah ah !
&lt;br/&gt;&#8211; Avec toi, le secret ne risque pas d'&#234;tre &#233;vent&#233;, ironisai-je.
&lt;br/&gt;&#8211; Th&#233;o, j'ai oubli&#233; de te dire, ajouta Martir. Longuet a aussi rendez-vous avec cette dame&#8230;
&lt;br/&gt;&#8211; Maintenant si ma compagne a les m&#234;mes fr&#233;quentations que mon r&#233;dacteur en chef&#8230;
&lt;br/&gt;&#8211; Fini l'&#232;re de Proudhon*******, ricana Yves.
&lt;br/&gt;&#8211; Au moins &#224; Cayenne, y avait pas de boulets en jupons &#187;, dit laconiquement Martir. Je compris alors que nous avions affaire &#224; un authentique s&#233;ide de Proudhon.
&lt;br/&gt;Madeleine ne releva pas, se contentant de foudroyer du regard l'ancien bagnard. &#171; Je t'ferai avoir de l'avancement, mon Th&#233;o. Longuet, il est plut&#244;t pour que les femmes respirent, si vous voyez ce que je veux dire&#8230; &#187;
&lt;br/&gt;Martir quitta la salle en maugr&#233;ant. Yves se servit un peu de vin blanc. Madeleine me sauta au cou, me perforant &#224; moiti&#233; le foie avec la crosse de son six-coups. &#171; Tu vois, Th&#233;o, conclut Madeleine, c'est quand m&#234;me notre Duval******** qui l'avait proclam&#233;e le premier, la Commune. D&#232;s lundi 20. On a toujours un coup d'avance, dans le XIIIe, que veux-tu&#8230;
&lt;br/&gt; &#187; Au fait, Joseph m'a racont&#233; pour Laghouat&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;hr/&gt;
&lt;i&gt;* C'est Napol&#233;on III qui a lanc&#233; la &#171; mode &#187; des bagnes d'outre-mer, o&#249; il envoyait aussi certains de ses opposants politiques, comme Martir, dont on suppose qu'il a pris les armes en 1851 contre le coup d'Etat de Badinguet.
&lt;br/&gt;** Les r&#233;sultats que voici :
&lt;br/&gt;Louvre (Ier arrondissement)
&lt;br/&gt;Adam 7 272
&lt;br/&gt;M&#233;line 7 251
&lt;br/&gt;Rochart 6 629
&lt;br/&gt;Barr&#233; 6 294
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Bourse (IIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Br&#233;lay 7 025
&lt;br/&gt;Loiseau-Pinson 6 932
&lt;br/&gt;Tirard 6 386
&lt;br/&gt;Ch&#233;ron 6 018
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Temple (IIIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Demay 9 004
&lt;br/&gt;Arnaud 8 912
&lt;br/&gt;Pindy 8 095
&lt;br/&gt;Murat 5 904
&lt;br/&gt;Dupont 5 752
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;H&#244;tel-de-Ville
&lt;br/&gt;(IVe arrondissement)
&lt;br/&gt;Lefran&#231;ais 8 619
&lt;br/&gt;A. Arnould 8 608
&lt;br/&gt;Cl&#233;mence 8 163
&lt;br/&gt;G&#233;rardin 8 104
&lt;br/&gt;Amouroux 7 950
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Panth&#233;on (Ve arrondissement)
&lt;br/&gt;R&#233;g&#232;re 7 469
&lt;br/&gt;Jourde 7 310
&lt;br/&gt;Tridon 6 469
&lt;br/&gt;Blandet 5 994
&lt;br/&gt;Ledroit 5 848
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Luxembourg
&lt;br/&gt;(VIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Leroy 5 800
&lt;br/&gt;Goupil 5 111
&lt;br/&gt;Robinet 3 904
&lt;br/&gt;Beslay 3 714
&lt;br/&gt;Varlin 3 602
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Palais-Bourbon
&lt;br/&gt;(VIIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Parizel 3 367
&lt;br/&gt;Lef&#232;vre 2 859
&lt;br/&gt;Urbain 2 803
&lt;br/&gt;Brunel 2 163
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;&#201;lys&#233;e
&lt;br/&gt;(VIIIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Rigault 2173
&lt;br/&gt;Vaillant 2 145
&lt;br/&gt;A. Arnould 2 114
&lt;br/&gt;Allix 2 028
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Op&#233;ra
&lt;br/&gt;(IXe arrondissement)
&lt;br/&gt;Ranc 8 159
&lt;br/&gt;U. Parent 4 770
&lt;br/&gt;Desmaret 4 232
&lt;br/&gt;E. Ferry 3 732
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Enclos Saint-Laurent
&lt;br/&gt;(Xe arrondissement)
&lt;br/&gt;Gambon 13 734
&lt;br/&gt;F&#233;lix Pyat 11 813
&lt;br/&gt;Henri Fortun&#233; 11 364
&lt;br/&gt;Champy 11 042
&lt;br/&gt;Babick 10 934
&lt;br/&gt;Rastoul 10 733
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Popincourt
&lt;br/&gt;(XIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Mortier 21 186
&lt;br/&gt;Delescluze 20 264
&lt;br/&gt;Assi 19 890
&lt;br/&gt;Protot 19 780
&lt;br/&gt;Eudes 19 276
&lt;br/&gt;Avrial 17 944
&lt;br/&gt;Verdure 17 351
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Reuilly
&lt;br/&gt;(XIIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Varlin 9 843
&lt;br/&gt;G&#233;resme 8 896
&lt;br/&gt;Theisz 8 719
&lt;br/&gt;Fruneau 8 269
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Gobelin
&lt;br/&gt;(XIIIe arrondissement)
&lt;br/&gt;L&#233;o Meillet 6 531
&lt;br/&gt;Duval 6 482
&lt;br/&gt;Chardon 4 663
&lt;br/&gt;Fr&#228;nkel 4 080
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Observatoire
&lt;br/&gt;(XIVe arrondissement)
&lt;br/&gt;Billioray 6 100
&lt;br/&gt;Martelet 5 912
&lt;br/&gt;Decamp 5 835
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Vaugirard
&lt;br/&gt;(XVe arrondissement)
&lt;br/&gt;Cl&#233;ment (Victor) 5 025
&lt;br/&gt;J. Vall&#232;s 4 403
&lt;br/&gt;Langevin 2 417
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Passy
&lt;br/&gt;(XVIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Dr Marmottan 2 036
&lt;br/&gt;De Bouteiller 1 909
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Batignolles-Monceau
&lt;br/&gt;(XVIIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Varlin 9 356
&lt;br/&gt;Cl&#233;ment (Emile-L&#233;opold) 7 121
&lt;br/&gt;Ch. G&#233;rardin 7 142
&lt;br/&gt;Chalin 4 545
&lt;br/&gt;Malon 4 199
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Buttes-Montmartre
&lt;br/&gt;(XVIIIe arrondissement)
&lt;br/&gt;Blanqui 14 953
&lt;br/&gt;Theisz 14 950
&lt;br/&gt;Dereure 14 661
&lt;br/&gt;Cl&#233;ment (J-Baptiste) 14 188
&lt;br/&gt;Ferr&#233; 13 784
&lt;br/&gt;Vermorel 13 402
&lt;br/&gt;P. Grousset 13 359
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;Buttes-Chaumont
&lt;br/&gt;(XIXe arrondissement)
&lt;br/&gt;Oudet 10 065
&lt;br/&gt;Puget 9 547
&lt;br/&gt;Delescluze 5 816
&lt;br/&gt;J. Miot 5 520
&lt;br/&gt;Ostyn 5 065
&lt;br/&gt;Flourens 4 100
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;M&#233;nilmontant,
&lt;br/&gt;(XXe arrondissement)
&lt;br/&gt;Bergeret 15 209
&lt;br/&gt;Ranvier 15 049
&lt;br/&gt;Flourens 14 089
&lt;br/&gt;Blanqui 13 859
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
*** Blanqui se reposait dans la r&#233;gion de Figeac lorsque Thiers le fit arr&#234;ter pr&#233;ventivement, le 17 mars. C'est-&#224;-dire la veille de l'affaire des canons de Montmartre. Durant la Commune, tous ignor&#232;rent o&#249; il &#233;tait incarc&#233;r&#233;. Les communeux tent&#232;rent de l'&#233;changer contre des otages. En vain. Confin&#233; dans le fort du Taureau, dans la baie de Morlaix, le &#171; Vieux &#187; &#233;tait au secret, ses gardiens ayant ordre de tirer &#224; vue &#224; la moindre tentative d'&#233;vasion.
&lt;br/&gt;**** Il y eut trois Cl&#233;ment &#233;lus &#224; la Commune. Jean-Baptiste le fut triomphalement dans le XVIIIe.
&lt;br/&gt;***** Rappelons qu'Eudes est, depuis le 24 mars d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Guerre avec Brunel et Duval.
&lt;br/&gt;****** Charles Victor Beslay est n&#233; en 1795. Ing&#233;nieur, ce Breton du Morbihan &#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;put&#233; en 1830 ! Yves ne le sait pas encore, mais d&#232;s le 30 mars, il est nomm&#233; commissaire-d&#233;l&#233;gu&#233; de la Commune aupr&#232;s de la Banque de France&#8230;
&lt;br/&gt;******* Proudhon assignait aux femmes le r&#244;le de m&#232;re au foyer, d&#233;di&#233;e &#224; sa famille, soumise &#224; l'&#233;poux, peu instruite et interdite de participation &#224; la vie publique. Entre autres phrases sympathiques, Pierre-Joseph est l'auteur de celle-ci : &#171; L'humanit&#233; ne doit aux femmes aucune id&#233;e morale, politique, philosophique [&#8230;]. L'homme invente, perfectionne, travaille, produit et nourrit la femme. Celle-ci n'a m&#234;me pas invent&#233; son fuseau et sa quenouille. &#187;
&lt;br/&gt;******** Ouvrier fondeur et fondateur des premiers groupes de combat blanquistes, Duval, &#233;lu du XIIIe, est nomm&#233; &#224; la Commission militaire d&#232;s le 29 mars. Le 3 avril, il est fait g&#233;n&#233;ral par la Commune. Le lendemain, l'ancien commandant en chef de l'arm&#233;e de Paris, Vinoy en personne, le fera fusiller sur le chemin de Versailles&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Premier &#233;pisode</title>
		<link>http://www.maira.org/spip.php?article87</link>
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		<description>&#171; Fran&#231;ois, mon fr&#232;re, cela m'a pris des jours et de longues nuits pour dig&#233;rer cette formidable nouvelle, formidable au sens de d&#233;flagration. Il est inhumain de demeurer aussi longtemps dans l'incertitude, dans le noir. Madeleine, Alexandre, vous &#234;tes en vie. Tout est possible alors. Ce proc&#232;s grotesque, cette travers&#233;e naus&#233;euse, cette d&#233;portation ulyss&#233;enne, ces &#233;preuves ne furent pas vaines. Ils ont &#233;gorg&#233; notre Commune, mais ma femme et mon fils sont toujours debout. Il faut croire que la vie a plus (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;TROISI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Fran&#231;ois, mon fr&#232;re, cela m'a pris des jours et de longues nuits pour dig&#233;rer cette formidable nouvelle, formidable au sens de d&#233;flagration. Il est inhumain de demeurer aussi longtemps dans l'incertitude, dans le noir. Madeleine, Alexandre, vous &#234;tes en vie. Tout est possible alors.&lt;br/&gt;
Ce proc&#232;s grotesque, cette travers&#233;e naus&#233;euse, cette d&#233;portation ulyss&#233;enne, ces &#233;preuves ne furent pas vaines.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_71 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:500px;' &gt;
&lt;img src='http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L500xH358/Des_deportes_communeux-d6dde.jpg' width='500' height='358' alt=&quot;Des deportes communeux&quot; title=&quot;Des deportes communeux&quot; style='height:358px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Ils ont &#233;gorg&#233; notre Commune, mais ma femme et mon fils sont toujours debout.
Il faut croire que la vie a plus d'imagination que les hommes. Mais elle se r&#233;v&#232;le aussi souvent injuste : l'&#233;vasion de Grousset et Rochefort a de nouveau transform&#233; en enfer l'existence du docteur Rastoul, priv&#233; &#224; son tour de sa femme et de son fils. Pourtant, c'est gr&#226;ce &#224; lui que je sais que vous avez surv&#233;cu aux abattoirs versaillais.&lt;br/&gt;
Mais dans quelles circonstances toi et Nathalie, enceinte, avez-vous pu emmener un b&#233;b&#233; de quelques heures loin des bombardements et des carnages, je ne le sais&#8230;&lt;br/&gt;
Maintenant, je r&#234;ve de recevoir une autre lettre. On s'habitue vite aux bonnes choses.&lt;br/&gt;
Alfred a d&#233;got&#233;, dieu sait comment, des outils. Il &#233;tudie les essences exotiques qui poussent sur notre &#238;le de malheur. J'entreprends, muni d'une longue corde, de lui enseigner les rudiments de la natation, que je dois &#224; mon p&#232;re. L'arm&#233;e n'a pas que du mauvais&#8230;&lt;br/&gt;
Je suis heureux de savoir qu'il y a une chance pour que toi, Alexandre, tu lises un jour les lignes que j'&#233;cris et qui m'ont maintenu en vie depuis de si longs mois. Permets-moi de poursuivre mon r&#233;cit&#8230; pour vous et pour Fran&#231;ois, que j'esp&#232;re un jour revoir&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paris valait bien une messe pour le sanglier b&#233;arnais, notre Paris libre m&#233;rite qu'on ne l'oublie pas, tant cette r&#233;volution festive fut riche d'enseignements. Et si les versaillais l'ont &#233;gorg&#233;e, son sang ne s&#233;chera jamais. Alexandre, ta m&#232;re vivante, c'est notre Commune qui revit pour moi. Et comme le disait mon ami Arthur Arnould, une question politique et sociale bien pos&#233;e finit toujours par &#234;tre r&#233;solue t&#244;t ou tard.&lt;br/&gt;
La Commune, malgr&#233; la perfectibilit&#233; de ses &#233;lus et leurs divisions, a r&#233;invent&#233; la R&#233;publique, jet&#233; les bases d'une nouvelle d&#233;mocratie, o&#249; nos &#233;lus &#233;taient r&#233;vocables &#224; tout moment &#8211; et m&#234;me parfois &#233;trangers, comme Fr&#228;nkel. Bien s&#251;r, nous avons eu &#224; peine le temps d'&#233;baucher certaines r&#233;formes sociales (interdiction du travail de nuit pour les boulangers, fin des amendes*, &#233;galit&#233; des salaires entre institutrices et instituteurs). La R&#233;action ne nous a gu&#232;re laiss&#233; le temps de nous attaquer plus profond&#233;ment au travail. &lt;br/&gt;
Nous avons s&#233;par&#233; l'&#201;glise de l'&#201;tat &#8211; sans aller jusqu'&#224; &#171; biffer &#187; dieu comme le r&#233;clamait Gustave Maroteau** &#8211;, nous avons rendu l'&#233;cole la&#239;que, obligatoire et gratuite. La grande bourgeoisie aura d&#233;sormais toutes les peines du monde &#224; enterrer cela. Nous avons invent&#233; les cr&#232;ches pour tous nos enfants mis&#233;reux, essay&#233; d'humaniser les h&#244;pitaux et les hospices, sans oublier les prisons, o&#249;, comme le rab&#226;chait &#224; l'envi la presse versaillaise, agonisaient pourtant et dans d'atroces souffrances les otages de la Commune, qui mangeaient &#224; leur faim quand ils ne donnaient pas des entretiens &#224; la presse de Versailles justement !
Nous que cette m&#234;me presse a accus&#233;s d'&#234;tre des incendiaires, nous avons pr&#233;serv&#233; le patrimoine de la capitale, Archives et Biblioth&#232;ques nationales en t&#234;te, r&#233;organis&#233; et assaini l'Administration. Ce fut sous la Commune et l'impulsion de Gustave Courbet fut cr&#233;&#233;e la F&#233;d&#233;ration des artistes, dont les buts &#233;taient &#171; la libre expansion de l'art, d&#233;gag&#233; de toute tutelle gouvernementale et de tous privil&#232;ges &#187;.&lt;br/&gt;
La Commune dura moins de soixante jours si l'on tient compte de la folle semaine que, Alexandre, Fran&#231;ois, je vous ai d&#233;crite. Et de la Semaine sanglante, que je tenterai de vous narrer. L'assembl&#233;e communale, elle, ne conna&#238;trait que trente et une s&#233;ances officielles. &lt;br/&gt;
&#171; &#8230; il est bien court, le temps des cerises. &#187;&lt;br/&gt;
Notre Commune fut imparfaite, trop secr&#232;te souvent. Pour avoir travaill&#233; au &#171; Journal officiel &#187;, je puis attester que les d&#233;lib&#233;rations de notre assembl&#233;e ne furent pas rendues in extenso dans nos colonnes. (D'aucuns argumenteraient que nous &#233;tions en guerre&#8230;)&lt;br/&gt;
Nos &#233;lus se diviseraient bient&#244;t entre partisans de la cr&#233;ation d'un Comit&#233; de salut public et opposants. Entre majoritaires et minoritaires. Mais comme l'a souffl&#233; un jour Louise Michel &#224; mon indomptable Madeleine, &#171; en r&#233;volution, l'&#233;poque qui copie est perdue, il faut aller de l'avant &#187;. Nos vieux jacobins ont voulu imiter leurs anc&#234;tres, la Terreur en moins, heureusement. La nouvelle g&#233;n&#233;ration de r&#233;volutionnaires avait, quant &#224; elle, flair&#233; l'originalit&#233; de la Commune : un gouvernement pour le peuple et par le peuple, qui abolit la machine &#233;tatique et r&#233;pare les in&#233;galit&#233;s. Le tout avec des moyens appropri&#233;s au but. &lt;br/&gt;
Nous ne voulions pas &#234;tre des j&#233;suites pour qui la fin justifie les moyens. Nous ne voulions d&#233;roger &#224; nos principes. &lt;br/&gt;
J'ajouterai que nos jacobins, martyrs de la cause r&#233;publicaine, ne ren&#226;cl&#232;rent jamais devant la Sociale. Ils ne voulaient plus comme en Juin 48 laisser les ouvriers seuls sur la br&#232;che. Pour la plupart issus de la bourgeoisie, ils n'eurent de cesse de fraterniser avec le prol&#233;tariat. Sauf des &#233;lus comme le docteur Goupil, qui donn&#232;rent rapidement leur d&#233;mission, jugeant les mesures adopt&#233;es par notre Commune &#171; excessives &#187;. Il est vrai que la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233; constituent un programme des plus communistes&#8230;&lt;br/&gt;
D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les appellations que certains voulurent &#233;tiqueter sur nos &#233;lus firent long feu &#224; l'examen de la r&#233;alit&#233;. Certains r&#233;volutionnaires-jacobins &#233;taient membres de l'Internationale, plus attach&#233;s aux luttes sociales qu'&#224; l'esprit de 93. Dans la minorit&#233; oppos&#233;e au Comit&#233; de salut public, on compta un blanquiste : Tridon, et force journalistes de la presse radicale, plus connus pour leur action r&#233;publicaine et r&#233;volutionnaire contre Badinguet que pour leur participation au mouvement socialiste proprement dit. &lt;br/&gt;
De m&#234;me cliver la Commune entre bourgeois et ouvrier me para&#238;t st&#233;rile. Parmi les militants au Comit&#233; de salut public, on retrouva bien s&#251;r des bourgeois, journalistes et aux seigneurs du barreau : Pyat, Rigault, Vaillant, Ferr&#233;, Gambon, Grousset, Protot, R&#233;g&#232;re, Melliet, Miot. Mais aussi des ouvriers : Chardon, Amouroux, Chalain, Dereure, Trinquet, Johannard et d'autres.&lt;br/&gt;
Quant &#224; la minorit&#233;, plus moderne, elle regroupait autant de bien-n&#233;s (Lefran&#231;ais, Longuet, Vall&#232;s, Vermorel, Tridon, Andrieur, Jourde, Arnould) que des prol&#233;taires : Cl&#233;mence, G&#233;rardin, Theisz, Malon, Pindy, Serrailler, Avrial et Varlin. &lt;br/&gt;
Demeurait une authentique division sur laquelle je reviendrai : l'id&#233;e m&#234;me de la Commune. Mouvement communaliste ou r&#233;volution sociale ? &lt;br/&gt;
Pourtant j'insisterai sur un fait : la fraternit&#233;. &#192; l'image de notre vieux Delescluze, qui, quoique jacobin, fut toujours bienveillant &#224; l'&#233;gard des hommes de la minorit&#233;. Oui la fraternit&#233;, car &#224; l'heure de l'invasion versaillaise, tous se r&#233;unirent. &lt;br/&gt;
En mon for int&#233;rieur, &#224; l'instar du camarade Arnould, je n'ai jamais cru que notre Commune p&#251;t l'emporter. Malgr&#233; quelques soul&#232;vements h&#233;ro&#239;ques de la province, nous demeur&#226;mes inexorablement isol&#233;s. Militairement, nous f&#251;mes au-dessous de tout, n'&#233;tait-ce notre artillerie, qui donna du fil &#224; retordre aux Ruraux. Mais qu'importe, nous avions plus peur de d&#233;cevoir le peuple de Paris que des &#233;gorgeurs de Versailles. Si notre d&#233;faite militaire fut totale, notre victoire demeurera morale. &lt;br/&gt;
&#171; Mais il est bien court, le temps des cerises &#187;&#8230; &lt;br/&gt;
Brave Jean-Baptiste Cl&#233;ment, qui fut glorieusement &#233;lu &#224; Montmartre [141188 voix sur 17443 votants &#8211; NDLA]. v
Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, j'ai eu l'honneur de le conna&#238;tre, lui qui &#233;crivit aussi &#224; l' &#171; Officiel &#187;. Notre r&#233;daction protesta avec lui contre les &#233;lus de la Commune qui voulaient interdire certains journaux&#8230; &#171; Il faut la libert&#233; pour tous ! s'offusqua Jean-Baptiste. La libert&#233; pleine et enti&#232;re ! Que les m&#233;chants et les bavards &#233;crivent et disent ce qu'ils voudront, la sagesse de la population en fera justice, soit en ne les &#233;coutant pas, soit en ne les achetant pas. &#187;&lt;br/&gt;
Or, minoritaires et majoritaires se rassembl&#232;rent quand les versaillais entreprirent de d&#233;pecer notre Paris libre et de garantir comme le dirait un &#233;crivain c&#233;l&#232;bre***, &#8220;vingt ans de repos&#8221; &#224; l'hydre capitaliste.&lt;br/&gt;
Car, mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, il ne faut jamais oublier que notre Commune v&#233;cut tr&#232;s vite en &#233;tat de si&#232;ge. La guerre nous rendit durs &#224; l'occasion mais jamais inhumains. Autant j'ai d&#233;plor&#233; que la Commune pr&#238;t des otages parmi nos ennemis demeur&#233;s &#224; Paris, autant elle ne saurait &#234;tre tenue responsable de leur ex&#233;cution. Les fusillades furent le fait d'individus isol&#233;s, non des &#233;lus. Et m&#234;me si cela me co&#251;te de l'&#233;crire, les versaillais nous bombardaient et nous fusillaient, hommes, femmes, vieillards et enfants. La balance ne fut gu&#232;re &#233;quilibr&#233;e. Quatre-vingt-cinq otages comme cent mille assassinats**** !
&#171; Mais il est bien court, le temps des cerises&#8230; &#187; &lt;br/&gt;
Antoine, le fils d'Henriette et de Gaston, n'avait pas quatre ans. Les cerises, il les appelait des &#171; rourises &#187;&#8230;&lt;br/&gt;
Les yeux rougis par les larmes et la poudre, Eug&#232;ne me rapporta qu'un gendarme l'avait abattu, &#224; la barricade de la rue des Trois-Bornes, d'une balle en pleine t&#234;te alors qu'il s'agrippait &#224;&#8230; [Illisible &#8211; NDLA].&lt;br/&gt;
C'est aussi en ta m&#233;moire, Antoine, que je raconterai le temps des &#8220;rourises&#8221;&#8230; &#187;&lt;br/&gt;
&lt;hr/&gt;
&lt;i&gt;* Sauf erreur de la part des arch&#233;ologues communeux, mais les amendes au travail n'ont d&#233;finitivement disparu du paysage fran&#231;ais qu'avec les lois Auroux, en 1982.&lt;br/&gt;
**Gustave Maroteau dans &#8220;la Montagne&#8221; du 20 avril 1871 &#233;crira : &#171; C'est au nom de Dieu que Guillaume a bu &#224; plein casque le plus pur de notre sang ; ce sont des soldats du pape qui bombardent les Ternes. Nous biffons Dieu ! Les chiens ne vont plus se contenter de regarder les &#233;v&#234;ques, ils les mordront. &#187;&lt;br/&gt;
***&#192; la date du 31 mai 1871, Edmond de Goncourt, &#171; veuf &#187; de son fr&#232;re depuis quelques mois et souffrant de la maladie dite de la peur du propri&#233;taire, &#233;crit ces lignes abjectes : &#8220; C'est bon. Il n'y a eu ni conciliation, ni transaction. La solution a &#233;t&#233; brutale. &#199;a a &#233;t&#233; la force pure. La solution a retir&#233; les &#226;mes des l&#226;ches compromis. La solution a redonn&#233; confiance &#224; l'arm&#233;e qui a appris, dans le sang des communeux, qu'elle &#233;tait encore capable de se battre. Enfin, la saign&#233;e a &#233;t&#233; une saign&#233;e &#224; blanc ; et les saign&#233;es comme celle-ci, en tuant la partie bataillante d'une population, ajournent d'une conscription la nouvelle r&#233;volution. C'est vingt ans de repos que l'ancienne soci&#233;t&#233; a devant elle, si le pouvoir ose tout ce qu'il peut oser en ce moment.&#8221;&lt;br/&gt;
**** Th&#233;o reprend &#224; son compte le chiffre commun&#233;ment avanc&#233; des morts durant la Semaine sanglante. Depuis, certains historiens s'accordent &#224; dire qu'il n'y eut &#171; que &#187; 34 000 assassinats. Toutefois, en 1872, il manquait bel et bien &#224; Paris 100 000 ouvriers (sans compter leurs familles). Partis en exil ou en d&#233;portation&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vingt-deuxi&#232;me &#233;pisode</title>
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		<description>&#171; Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, &#201;lis&#233;e avait une nouvelle fois raison. Cette promenade &#224; cheval le long de la Bi&#232;vre, malgr&#233; quelques effluves d&#233;sagr&#233;ables &#224; hauteur des tanneries, me fit le plus grand bien. Faire corps avec un cheval, voil&#224; qui nous met en harmonie avec le monde. Je retrouvais mes p&#233;nates imaginaires, me rappelait les le&#231;ons que nous prodiguait mon p&#232;re &#8211; t'en souvient-il, Fran&#231;ois ? Autrefois, dans des temps imm&#233;moriaux, le cheval &#233;tait un gibier pour l'homme, disait (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, &#201;lis&#233;e avait une nouvelle fois raison. Cette promenade &#224; cheval le long de la Bi&#232;vre, malgr&#233; quelques effluves d&#233;sagr&#233;ables &#224; hauteur des tanneries, me fit le plus grand bien. Faire corps avec un cheval, voil&#224; qui nous met en harmonie avec le monde. Je retrouvais mes p&#233;nates imaginaires, me rappelait les le&#231;ons que nous prodiguait mon p&#232;re &#8211; t'en souvient-il, Fran&#231;ois ?
&lt;br /&gt;Autrefois, dans des temps imm&#233;moriaux, le cheval &#233;tait un gibier pour l'homme, disait notre vieil Edmond. &#192; nous de le lui faire oublier pour mieux le monter. Le cheval n'est pas un animal idiot comme on l'entend trop souvent dire. Il est m&#233;fiant, il est fier, il veut &#234;tre libre. Obtenir sa confiance est un honneur et un bonheur&#8230; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le jour finissait de se lever. Je regagnais Paris. La journ&#233;e promettait d'&#234;tre belle.
&lt;br /&gt;Et elle le fut. Oh oui ! elle le fut !
&lt;br /&gt;Tout le Ch&#226;teau-des-Rentiers se rendit &#224; l'H&#244;tel-de-Ville. Madeleine s'&#233;tait faite &#233;l&#233;gante. Je retrouvai Nathalie et Joseph, qui me promit de me narrer plus tard sa rencontre avec Duval. Gaston arborait encore de nouveaux boutons dor&#233;s &#224; sa vareuse. On e&#251;t dit un g&#233;n&#233;ral de 93. Augustine et Henriette avaient appr&#234;t&#233; les enfants comme jamais. Ils &#233;taient beaux comme des c&#339;urs.
&lt;br /&gt;Deux cent mille Parisiens vinrent assister &#224; l'installation des &#233;lus. La place de l'H&#244;tel-de-Ville n'&#233;tait que cris et joie. Franges rouges aux fusils, bonnets phrygiens coiffant les drapeaux d'&#233;galit&#233;, tambours battant, nos bataillons rejoints par les marins, artilleurs et autres lignards demeur&#233;s fid&#232;les &#224; notre Paris libre convergeaient de toutes les rues pour f&#234;ter l'apoth&#233;ose sur la place de Gr&#232;ve. Une grande estrade &#233;tait &#233;rig&#233;e contre la porte centrale de la maison commune [L'H&#244;tel-de-Ville &#8211; NDLA]. &lt;br /&gt;&#171; Vise-moi le buste de la R&#233;publique, me dit Madeleine en me flanquant un coup de coude dans les c&#244;tes. Il est ceint de l'&#233;charpe rouge. C'est beau ! &#187;
&lt;br /&gt;Encore une fois, la nature &#233;tait avec nous. Le soleil luisait sur les ba&#239;onnettes des cent bataillons qui se rang&#232;rent devant l'H&#244;tel-de-Ville. Les Parisiens qui n'avaient pu p&#233;n&#233;trer la place s'&#233;panouissaient sur les quais de Seine, attendaient rue de Rivoli ou boulevard S&#233;bastopol.
&lt;br /&gt;Quelques drapeaux tricolores s'immis&#231;aient encore au milieu de la mar&#233;e des &#233;tendards d'&#233;galit&#233;. L'&#233;charpe rouge en sautoir, les virils du Comit&#233; central &#233;taient mont&#233;s sur l'estrade. Ranvier prit la parole : &#171; Le Comit&#233; central remet ses pouvoirs &#224; la Commune. Citoyens, j'ai le c&#339;ur trop plein de joie pour prononcer un discours. Permettez-moi seulement de glorifier le peuple de Paris pour le grand exemple qu'il vient de donner au monde. &#187; Tambours et &#171; Marseillaise &#187; interrompirent d&#233;j&#224; le futur &#233;lu &#224; la commission &#224; la Guerre, qui eut tout de m&#234;me le temps de s'&#233;crier : &#171; Au nom du peuple, la Commune est proclam&#233;e ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;dl class='spip_document_70 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;dt&gt;&lt;img src='http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L500xH426/28_mars_la_Commune_proclamee-96592.jpg' width='500' height='426' alt='JPEG - 140.4 ko' style='height:426px;width:500px;' /&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='spip_doc_titre' style='width:350px;'&gt;&lt;strong&gt;28 mars, la Commune proclame&#769;e&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D'un seul c&#339;ur, le ch&#339;ur de Paris r&#233;pondit : &#171; Vive la Commune ! &#187; Des larmes coulaient sur les joues de Madeleine. Je tournai le dos &#224; ma mie pour qu'elle ne v&#238;t point les miennes. Gaston, sombre, songeait aux hommes de sa famille. Augustine et Henriette serraient tr&#232;s fort leurs fils dans leurs bras. Hilare, Joseph regardait le ballet des k&#233;pis au bout des ba&#239;onnettes et la statue d'Henri IV qui ployait sous les drapeaux rouges. Nathalie &#233;tait r&#234;veuse, qui observait ces m&#234;mes drapeaux d'&#233;galit&#233; fouett&#233;s par le vent.
&lt;br /&gt;Le brave Brunel fit entrer les bataillons qui stationnaient hors de la place. Le d&#233;fil&#233; ne se terminerait que vers sept heures.
&lt;br /&gt;Francesco, Yves, Lukas et Eug&#232;ne nous rejoignirent bient&#244;t. Ainsi que notre Jean Valjean de l'&#171; Officiel &#187;, monsieur Martir. &#171; Voir une telle journ&#233;e valait bien qu'on souffre la cha&#238;ne&#8230; &#187;
&lt;br /&gt;&#171; Tu as entendu les remerciements du Comit&#233; central, Th&#233;o ? me demanda Yves, &#233;carlate de joie.
&lt;br /&gt;&#8211; Ils concernent aussi Foutriquet, non ?
&lt;br /&gt;&#8211; Dans le mille : &#8220;Que les espions de Versailles qui r&#244;dent autour de nous aillent dire &#224; leurs ma&#238;tres quelles sont les vibrations qui sortent de la poitrine d'une population tout enti&#232;re. Que ces espions leur rapportent l'image de ce spectacle grandiose d'un peuple reprenant sa souverainet&#233;.&#8221;
&lt;br /&gt;&#8211; Nous sommes tous unis aujourd'hui. C'est la refondation d'un peuple, dis-je, me surprenant ainsi &#224; &#234;tre &#233;loquent. Elle emporte tout sur son passage, cette d&#233;ferlante qui unit les ouvriers aux bourgeois. &#187;
&lt;br /&gt;-&#171; Bonjour, Madeleine &#187;, fit une voix qui m'&#233;tait famili&#232;re. Ah oui ! ma s&#339;ur, Jeanne, accompagn&#233;e de son Jules de mari, en uniforme de garde national.
&lt;br /&gt;En &#233;crivant ces lignes, je songe soudain et derechef &#224; une autre phrase du citoyen Arnould : &#171; L'&#339;uvre la plus n&#233;faste du despotisme, c'est de s&#233;parer les citoyens. &#187; Je me pris &#224; penser que la r&#233;volution impliquait aussi qu'on abandonn&#226;t toute ranc&#339;ur et autres inimiti&#233;s. Je serrai donc la main &#224; ce boutiquier r&#233;cemment converti &#224; la Sociale. Apr&#232;s tout, il n'&#233;tait pas le seul hostile &#224; se rallier notre Commune*&#8230;
&lt;br /&gt;Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, je c&#233;derai paresseusement la page blanche au camarade Vall&#232;s, qui &#233;crivit ces phrases bien senties dans &#171; le Cri du peuple &#187; du lendemain : &#171; Quelle journ&#233;e ! &#187; &lt;br /&gt;Ce soleil ti&#232;de et clair qui dore la gueule des canons, cette odeur de bouquets, le frisson des drapeaux, le murmure de cette r&#233;volution qui passe, tranquille et belle comme une rivi&#232;re bleue, ces tressaillements, ces lueurs, ces fanfares de cuivre, ces reflets de bronze, ces flamb&#233;es d'espoir, ce parfum d'honneur, il y a l&#224; de quoi griser d'orgueil et de joie l'arm&#233;e victorieuse des r&#233;publicains.
&lt;br /&gt;&#212; grand Paris !
&lt;br /&gt;L&#226;ches que nous &#233;tions, nous parlions d&#233;j&#224; de te quitter de nous &#233;loigner de tes faubourgs qu'on croyait morts. Pardon, patrie de l'honneur, cit&#233; du salut, bivouac de la R&#233;volution !
&lt;br /&gt;Quoi qu'il arrive, dussions-nous &#234;tre de nouveaux vaincus et mourir demain, notre g&#233;n&#233;ration est consol&#233;e ! Nous sommes pay&#233;s de vingt ans de d&#233;faites et d'angoisses [&#8230;].
&lt;br /&gt;Embrasse-moi, camarade, qui as comme moi les cheveux gris ! Et toi, marmot, qui joues aux billes derri&#232;re la barricade, viens que je t'embrasse aussi !
&lt;br /&gt;Le 18 Mars te l'a sauv&#233;e belle, gamin ! Tu pouvais, comme nous, grandir dans le brouillard, patauger dans la boue, rouler dans le sang, crever de honte, avoir l'indicible douleur des d&#233;shonor&#233;s !
&lt;br /&gt;C'est fini ! [&#8230;].
&lt;br /&gt;Fils des d&#233;sesp&#233;r&#233;s, tu seras un homme libre !
&lt;br /&gt;J'ai du bonheur pour mon argent [&#8230;]. Il me semble qu'il n'est plus &#224; moi, ce c&#339;ur qu'ont &#233;corch&#233; tant de laides blessures, et que c'est l'&#226;me m&#234;me de la foule qui maintenant emplit et gonfle ma poitrine.
&lt;br /&gt;Oh ! il faudrait que la mort v&#238;nt me prendre, qu'une balle me tu&#226;t dans cet &#233;panouissement de la r&#233;surrection. Je mourrais aujourd'hui en pleine revanche. &#187;
&lt;br /&gt;Quelle plume ! Vall&#232;s ! Mais justement le peuple de Paris ne voulait point de revanche, mais la simple justice. Preuve en fut qu'il n'y eut aucun pillage, peu de d&#233;sordres. Digne, le peuple de Paris se remettait au travail. Notre Commune se voulait la plus haute expression de l'ordre, non point l'ordre impos&#233; mais l'ordre d&#233;sir&#233; par tous et pour tous.*
&lt;br /&gt;Cette belle journ&#233;e me r&#233;chauffe le c&#339;ur. Quant &#224; mon corps, il n'en a gu&#232;re besoin tant le soleil est cruel sur l'&#238;le des Pins. Hier, Raoul a &#233;t&#233; ramen&#233; ligot&#233; comme un porc sur un long b&#226;ton port&#233; par deux Canaques. Ainsi ces malheureux se vengent-ils des humiliations que les Fran&#231;ais leur font subir au quotidien en nous maltraitant et en nous livrant &#224; nos ge&#244;liers, leurs oppresseurs pourtant.
&lt;br /&gt;Quand je songe &#224; mon fr&#232;re, Joseph, j'arrive &#224; me d&#233;livrer de la haine qui devrait m'assaillir les concernant. On dit les Canaques barbares, on dit la m&#234;me chose des Kabyles, dont certains sont d&#233;sormais nos voisins sur cette &#238;le devenue bagne. Les versaillais n'avaient pas de qualificatifs assez d&#233;gradants quand ils parlaient de nous, les communeux.
&lt;br /&gt;Je viens d'apprendre la premi&#232;re &#233;vasion jamais r&#233;ussie par des d&#233;port&#233;s en Nouvelle-Cal&#233;donie. En mars dernier [1874 &#8211; NDLA], Jourde, Grousset, Rochefort, Balli&#232;re et Grantilhe sont parvenus, de Noum&#233;a, &#224; gagner Sydney, &#224; bord d'un navire australien.
&lt;br /&gt;Apr&#232;s l'&#233;vasion de Rochefort et de ses amis, les autorit&#233;s ont r&#233;exp&#233;di&#233; le docteur Rastoul parmi nous. Auparavant, l'ancien inspecteur g&#233;n&#233;ral des Ambulances [Sous la Commune &#8211; NDLA] avait &#233;t&#233;, en effet, autoris&#233; &#224; vivre &#224; Noum&#233;a avec sa femme et son fils.
&lt;br /&gt;Cette belle journ&#233;e du 28 mars me r&#233;chauffe le c&#339;ur mais moins depuis quelques jours que la lettre, vieille de plus d'un an, que Rastoul avait dans ses bagages et qui m'&#233;taient destin&#233;e. Exp&#233;diteur : un certain Yves Dunton. Tremblant de tout mon &#234;tre, j'ouvris l'enveloppe. Durant de longues secondes, je ne parvins pas &#224; mettre bout &#224; bout les mots. Les lignes se brouillaient tandis que des larmes envahissaient mes yeux. Il me fallut quelques minutes pour donner sens aux phrases.
&lt;br /&gt;C'&#233;tait Yves qui empruntait le patronyme et l'adresse londonienne du fils de Germaine pour m'&#233;crire que Madeleine et Alexandre avaient &#233;chapp&#233; aux massacres et habitaient Londres. Ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re missive que notre reporter paimpolais tentait de m'adresser.
&lt;br /&gt;Depuis toutes ces ann&#233;es, enfin, je vous savais en vie [Illisible&#8211;NDLA].
&lt;br /&gt;Nathalie avait donn&#233; naissance &#224; une petite Louise. Alexandre et elle balbutiaient d&#233;sormais mieux l'anglais que la langue de Moli&#232;re.
&lt;br /&gt;J'&#233;tais soudainement triste &#224; l'id&#233;e que toi, mon fils, tu ne parlasses pas un jour l'alsacien&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Sacr&#233; Yves tout de m&#234;me&#8230; *
&lt;br /&gt;Depuis peu, j'ai appris &#224; chasser les oiseaux de mer pour survivre. Depuis peu, j'ai trouv&#233; aussi un compagnon de jeu, Alfred, avec qui je taquine la savate. Il &#233;tait charpentier dans le XIIIe et a longtemps navigu&#233; entre Marseille et Alger&#8230;
&lt;br /&gt;Alexandre, j'ai tellement envie de vous revoir, ta m&#232;re et toi&#8230; Je ne mourrai pas aux antipodes ! Alexandre, je t'apprendrai &#224; monter comme mon p&#232;re me l'a appris. Et je te souhaite de trouver ton Buc&#233;phale. Mais je parie que ce fier destrier ne saura toutefois &#234;tre aussi indomptable que notre Madeleine&#8230; &lt;br /&gt;-Ma Madeleine, tu es vraiment de la graine de p&#233;troleuse. Je t'aime. &lt;br /&gt;-Vive la Commune nom de dieu ! &#187;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Fin de la deuxi&#232;me partie&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*Dans son livre truff&#233; de calomnies &#171; les Soixante-Treize Jours de la Commune &#187;, Catulle Mend&#232;s, &#233;crivain c&#233;l&#232;bre &#224; l'&#233;poque, se laisse emporter par l'enthousiasme du moment : &#171; Ah ! peuple de Paris ! quel volcan de passions g&#233;n&#233;reuses brille donc en toi, pour que parfois, &#224; ton approche, les c&#339;urs m&#234;me de ceux qui te condamnent, se sentent d&#233;vor&#233;s et purifi&#233;s par tes flammes. &#187; Puis Catulle Mend&#232;s, comme son ancien beau-p&#232;re, Th&#233;ophile Gautier, n'aura de mots assez durs &#224; l'encontre des communeux. Il se r&#233;jouira en ces termes de l'assassinat de Milli&#232;re, fusill&#233; sur les marches du Panth&#233;on pour avoir d&#233;couvert les escroqueries du bon r&#233;publicain Jules Favre : &#171; Il y a une chose extraordinaire, c'est que les l&#226;ches sont braves. &#187; La justice existe toutefois : les amis de la Commune se souviennent de Milli&#232;re, le grand public a oubli&#233; Catulle Mend&#232;s&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vingt et uni&#232;me &#233;pisode</title>
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		<description>&#171; Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, je revins en fin d'apr&#232;s-midi &#224; l'&#171; Officiel &#187;&#8230; bredouille. &#171; Oreille-Cass&#233;e &#187; nous avait fait faux bond, le bougre. Mais je n'avais pas perdu ma journ&#233;e. Au journal, o&#249; je rentrais abandonnant ma migraine sur le pav&#233; des Grands Boulevards, nous arrivaient progressivement les r&#233;sultats des &#233;lections. J'&#233;tais derechef partag&#233; entre l'&#233;motion de la victoire et la digue des abstentions qui avait limit&#233; le raz-de-mar&#233;e r&#233;volutionnaire. &#171; &#199;a fait peur de voter pour sa (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, je revins en fin d'apr&#232;s-midi &#224; l'&#171; Officiel &#187;&#8230; bredouille. &#171; Oreille-Cass&#233;e &#187; nous avait fait faux bond, le bougre. Mais je n'avais pas perdu ma journ&#233;e. Au journal, o&#249; je rentrais abandonnant ma migraine sur le pav&#233; des Grands Boulevards, nous arrivaient progressivement les r&#233;sultats des &#233;lections. J'&#233;tais derechef partag&#233; entre l'&#233;motion de la victoire et la digue des abstentions qui avait limit&#233; le raz-de-mar&#233;e r&#233;volutionnaire. &#171; &#199;a fait peur de voter pour sa libert&#233; &#187;, l&#226;cha Yves de passage dans mon bureau. &#171; As-tu rencontr&#233; l'autre secr&#233;taire de r&#233;daction, le for&#231;at qu'on a forc&#233; &#224; travailler hier ?&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8211; Je l'ai crois&#233;, Yves. Un type un brin excentrique, non ?
&lt;br /&gt;&#8211; Sa vie, c'est presque du Jean Valjean. Il a appris &#224; lire au bagne, &#224; Cayenne, o&#249; Badinguet l'avait envoy&#233; croupir. Il a &#233;t&#233; marin &#8211; il para&#238;t qu'il taquine le chausson marseillais, d'ailleurs &#8211;, mara&#238;cher dans le bourg de Bobigny. C'est Vall&#232;s qui l'a recommand&#233; &#224; Eug&#232;ne, je crois. Longuet l'a &#224; la bonne.
&lt;br /&gt;&#8211; Il s'appelle Martir, tu te rends compte ? Quelle croix &#224; porter ? &lt;br /&gt;&#8211; Mais Martir sans &#8220;y&#8221;. Lui c'est dans l'autre sens, &#224; la diff&#233;rence de ton cousin Henry, &#8220;from San Francisco&#8221;, et de Monsieur Bau&#235;r.
&lt;br /&gt;- &#187; C'est un bon professionnel, m'a-t-on dit, il a le sens des priorit&#233;s. Le bagne, &#231;a forge le moral.
&lt;br /&gt;- &#187; Th&#233;o, je ne passais pas pour faire l'hagiographie d'un Martir mais pour te proposer d'aller boire un caf&#233; avec un homme que tu admires.
&lt;br /&gt;&#8211; Pie IX** ? Je plaisante. Au fait, Vall&#232;s a &#233;t&#233; &#233;lu &#224; Vaugirard.
&lt;br /&gt;&#8211; Et Blanqui &#224; Montmartre et M&#233;nilmontant, je sais. L'Enferm&#233; tient les monts Aventin. Mais il manque toujours &#224; l'appel, Th&#233;o. Enfile ta vareuse, six-coups au ceinturon et &#233;p&#233;e dans son fourreau d'acajou. On va prendre un caf&#233;, car notre h&#244;te ne boit pas&#8230; &#187;
&lt;br /&gt;C'&#233;tait un indice. J'avais devin&#233; : dieu que notre ami &#233;tait encore plus maigre qu'il y a quelques mois. &#171; Normal, aurait dit Madeleine si elle avait &#233;t&#233; l&#224;. Il ne mange pas de viande. C'est bien, il aime les b&#234;tes &#187;, Lui et son fr&#232;re a&#238;n&#233; &#233;taient, en effet, l&#233;gumistes&#8230;
&lt;br /&gt;-&#171; Bonsoir Th&#233;o.
&lt;br /&gt;&#8211; Citoyen Reclus. Ou, plut&#244;t, citoyens Reclus.
&lt;br /&gt;&#8211; Vous connaissez mes fr&#232;res &#201;lie et Paul ?
&lt;br /&gt;&#8211; Enchant&#233;.
&lt;br /&gt;&#8211; Dis-moi, mes amis, intervint Yves, pourriez-vous parler en fran&#231;ais ? Je ne comprends pas la langue du Prussien&#8230; &#187;
&lt;br /&gt;En effet, mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, m&#234;me si je ne vous l'ai jamais encore dit, je parlais naturellement en allemand avec le camarade &#201;lis&#233;e. &lt;br /&gt;Ayant fait ses &#233;tudes &#224; Neuwied et Berlin, notamment aupr&#232;s du c&#233;l&#232;bre g&#233;ographe Ritter, &#201;lis&#233;e ma&#238;trisait avec dext&#233;rit&#233; et depuis l'&#226;ge de 13 ans la langue de Goethe, ainsi que celles de Shakespeare et de Dante, soit dit en passant. &lt;br /&gt;Girondin, &#201;lis&#233;e Reclus avait un autre point commun avec moi : son ascendance protestante. Il est vrai plus marqu&#233;e chez lui que chez moi, son p&#232;re &#233;tant en effet pasteur calviniste et professeur au coll&#232;ge protestant de Sainte-Foy-la-Grande. &#201;lis&#233;e lui-m&#234;me se destinait au pastorat, d'o&#249; son s&#233;jour outre-Rhin. En 51, lui et &#201;lie, son fr&#232;re a&#238;n&#233;, revinrent &#224; pied d'Allemagne &#224; Orthez en passant par Strasbourg, mais pas par la Lorraine&#8230;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_69 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L500xH526/Elisee_Reclus-b159a.jpg' width='500' height='526' alt=&quot;E&#769;lise&#769;e Reclus&quot; title=&quot;E&#769;lise&#769;e Reclus&quot; style='height:526px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;
&lt;br /&gt;Bient&#244;t traqu&#233;s pour leurs id&#233;es r&#233;publicaines, les deux Reclus fuirent Badinguet et se r&#233;fugi&#232;rent &#224; Londres.
&lt;br /&gt;Peut-on dire que le citoyen Reclus devint socialiste apr&#232;s s'&#234;tre frott&#233; &#224; la dure r&#233;alit&#233; du peuple irlandais, abominablement opprim&#233; par les Anglais ? Peut-&#234;tre. En tout cas, parti sans le sou sur un voilier &#224; destination de La Nouvelle-Orl&#233;ans, il d&#233;couvrit l'esclavage, dont l'un des piliers &#233;tait la religion. &#201;lis&#233;e, si j'en crois ce qu'il m'a dit lui-m&#234;me, devint ath&#233;e en Am&#233;rique.
&lt;br /&gt;Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, je ne veux pas dresser le pan&#233;gyrique de cet imp&#233;nitent voyageur, mais il commen&#231;a &#224; &#233;crire de brillants articles novateurs pour la Soci&#233;t&#233; de g&#233;ographie de Paris il y a quatorze ans, avant de diriger la collection des guides de la maison Hachette. Collaborateur &#224; &#171; la Revue des Deux Mondes &#187;, il publia, mon cher Fran&#231;ois, en 1868 un article sur le Paraguay, que tu as eu le malheur de conna&#238;tre&#8230;
&lt;br /&gt;Bref, je me suis toujours enorgueilli de pouvoir discuter librement avec ce grand savant mondialement connu.
&lt;br /&gt;-&#171; Depuis le temps, comment allez-vous ? Je vois que vous vous &#234;tes battu&#8230; me dit cet aust&#232;re chaleureux.
&lt;br /&gt;&#8211; Une mauvaise rencontre&#8230;
&lt;br /&gt;- &#187; Plus joyeusement, je devrais &#234;tre p&#232;re avant le mois de juin &#187;, r&#233;pondis-je. Je le vis alors sourire tristement. J'avais oubli&#233; qu'il avait perdu sa premi&#232;re femme, Clarisse, morte en couches, le laissant seul avec ses deux filles. _ &#171; Mais vous n'&#234;tes toujours pas mari&#233; avec cette imp&#233;tueuse Madeleine ?
&lt;br /&gt;&#8211; Elle ne veut pas passer devant Monsieur le Maire tant que le drapeau tricolore flottera sur Paris&#8230;
&lt;br /&gt;&#8211; On ne pourrait l'en bl&#226;mer, commenta &#201;lie. Cela devrait s'arranger au plus vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8211; Th&#233;o, mon second mariage s'est d&#233;roul&#233; on ne peut plus sobrement, ajouta &#201;lis&#233;e. Je pense d'ailleurs que cette institution devrait &#233;voluer. Les femmes sont appel&#233;es &#224; s'&#233;loigner de leurs fourneaux et &#224; participer d'une autre fa&#231;on &#224; la vie de la cit&#233;.
&lt;br /&gt;&#8211; Pour le moment, le ch&#244;mage est end&#233;mique &#224; Paris, il frappe surtout les femmes. Heureusement que je touche plus que trente sous par jour. J'ai &#233;t&#233; nomm&#233; secr&#233;taire de r&#233;daction &#224; l'&#8220;Officiel&#8221;.
&lt;br /&gt;&#8211; F&#233;licitations, Th&#233;o, vous travaillez sous la direction de Longuet alors ?
&lt;br /&gt;&#8211; Je l'ai rencontr&#233; tant&#244;t. Il conna&#238;t bien Londres lui aussi.
&lt;br /&gt;&#8211; Il a &#233;galement des amis qui ne nous appr&#233;cient pas tellement, &#201;lie et moi***. &#187;
&lt;br /&gt;N'ayant pas compris le sens de sa r&#233;flexion, j'ajoutai : &#171; Je suis un peu d&#233;sappoint&#233; par les r&#233;sultats des &#233;lections.
&lt;br /&gt;&#8211; Th&#233;o, en ce qui concerne les &#233;lections, j'ai plut&#244;t un avis contrast&#233;****, dit &#201;lis&#233;e en souriant. Le mois dernier, j'ai regagn&#233; le Gironde. J'ai essay&#233; de me pr&#233;senter &#224; Sainte-Foy-la-Grande. Mais ma candidature n'a pas &#233;t&#233; valid&#233;e. En revanche, on a mis mon nom sur deux affiches parisiennes&#8230;
&lt;br /&gt;&#8211; Vous avez failli &#234;tre &#233;lu d&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale ?, s'&#233;tonna Yves.
&lt;br /&gt;&#8211; La vie fait bien les choses. Comme je n'avais rien demand&#233;, je n'ai gu&#232;re obtenu de voix.
&lt;br /&gt;- &#187; Toutefois, ce que j'ai observ&#233; en province n'a laiss&#233; de m'inqui&#233;ter. Les paysans et la petite bourgeoisie de province se m&#233;fient de la R&#233;publique et encore plus de la Sociale. J'ai ou&#239;-dire que l'arm&#233;e de Versailles ob&#233;issait mal &#224; ses chefs. Mais attendez que notre Paris libre se colore un peu, qu'il devienne ouvertement rouge et l&#224;&#8230; &#187; _ Sa parole &#233;tant d'or, je n'osai l'interrompre pour lui faire part des informations recueillies par mon fr&#232;re.
&lt;br /&gt;Apr&#232;s avoir bu son caf&#233;, le citoyen &#201;lis&#233;e Reclus ajouta presque tristement : &#171; Je vais redire ce que j'ai &#233;crit &#224; un parent il y a quelques mois de cela. Th&#233;o, ne soyez pas sombre &#224; cause des &#233;lections. Elles n'expliquent pas tout. De grands changements se pr&#233;parent. Le 18 Mars n'est qu'une &#233;tape et le combat s'annonce rude. Croyez-vous que c'est &#224; l'amiable que les patrons et les salari&#233;s, les bourgeois et les ouvriers consentiront &#224; la liquidation sociale***** ? H&#233;las non ! C'est donc &#224; la guerre qu'il faut s'attendre, comme en Juin 48. Croyez-vous que le Comit&#233; des Forges va nous laisser faire sans lever le petit doigt ? Vous savez certainement, Th&#233;o, que Thiers est, par exemple, un des principaux actionnaires de la compagnie d'Anzin.
_ &#187; Mais soyons patients et lucides. Nous savons que la R&#233;publique ne doit pas &#234;tre un simple changement de d&#233;cor dans l'appareil gouvernemental. Que le capitaliste demeure ma&#238;tre de la France par l'entremise d'un empereur, d'un roi ou d'un gouvernement provisoire, que l'on se donne du Monsieur ou du Citoyen, peu nous importe. Le but de la r&#233;volution qui s'ouvre est d'assurer l'&#233;galit&#233;, de supprimer le privil&#232;ge de la vie mat&#233;rielle et de la vie intellectuelle, pour en faire un droit appartenant &#224; tout homme, de faire cesser le terrible antagonisme entre patrons et salari&#233;s, entre bourgeois, ouvriers et paysans, qui paralyse les forces de la soci&#233;t&#233;.
_ &#187; Je suis plein d'espoir, Th&#233;o. Regardez, depuis une semaine, tous nous nous aimons, tous, nous sommes heureux. Rappelez-vous, c'est par l'acte de f&#233;d&#233;ration que s'est fond&#233;e la premi&#232;re R&#233;publique, c'est par un exemple semblable que sera fond&#233;e notre R&#233;publique.
&lt;br /&gt;&#8211; Si Versailles nous attaque, ajouta Paul, les fr&#232;res Reclus seront l&#224;, dans la Garde nationale, pr&#234;ts &#224; marcher sur la capitale des tyrans.
&lt;br /&gt;&#8211; Th&#233;o, allez vous promener le long de la Bi&#232;vre avec le cheval que votre fr&#232;re a emprunt&#233; &#224; Versailles. La nature donne &#224; r&#233;fl&#233;chir******. &#187;
&lt;br /&gt;J'embrassais sur mon c&#339;ur les trois fr&#232;res. C'&#233;tait la derni&#232;re fois que je voyais &#201;lis&#233;e Reclus&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* Pratiqu&#233; par les marins, le chausson marseillais est l'anc&#234;tre direct de la savate et de la boxe fran&#231;aise.
&lt;br /&gt;** Pie IX, premier pape infaillible, n'a rien entrepris pour sauver la vie de l'archev&#234;que Darboy, que les communeux avaient pris en otage pour l'&#233;changer contre Blanqui. Il est vrai que gallicaniste jusqu'au bout de la mitre, Mgr Darboy s'&#233;tait oppos&#233; au dogme de l'infaillibilit&#233;. &lt;br /&gt;Sa salet&#233; le pape d&#233;finira le peuple parisien de &#171; foule perverse et f&#233;roce &#187; et les hommes de la Commune &#171; d'&#233;chapp&#233;s de l'enfer, qui ont promen&#233; le feu dans Paris &#187;. &lt;br /&gt;*** Les Reclus se savaient depuis longtemps peu appr&#233;ci&#233;s de Marx. Dans une lettre de 1876, ce dernier &#233;crira : &#171; Ce que pensent les socialistes parlant fran&#231;ais m'amuse particuli&#232;rement. Ils sont repr&#233;sent&#233;s bien entendu par la triste figure des fr&#232;res Reclus, cofondateurs de l'Alliance [internationale de la d&#233;mocratie socialiste, anim&#233;e par Bakounine &#8211; NDLA] et parfaitement inconnus pour ce qui est d'&#339;uvres socialistes. &#187;
&lt;br /&gt;De son c&#244;t&#233;, &#201;lis&#233;e eut des phrases pertinentes quant &#224; Marx et &#224; ce que Marx lui-m&#234;me a toujours refus&#233; d'appeler marxisme. Ainsi &#233;crit-il &#224; l'anarchiste communiste hollandais Domela Nieuwenhuis, en 1897 : &#171; Ainsi voyez comment on a trait&#233; cette individualit&#233;, Marx, en l'honneur duquel des fanatis&#233;s l&#232;vent les bras au ciel, se promettant d'observer religieusement sa doctrine ! Tout un parti, toute une arm&#233;e ayant des dizaines de d&#233;put&#233;s au Parlement germanique, n'interpr&#232;tent-ils pas maintenant cette doctrine marxiste pr&#233;cis&#233;ment en sens contraire du ma&#238;tre ! [&#8230;] Si la politique de Marx doit triompher, ce sera, comme la religion du Christ, &#224; la condition que le ma&#238;tre, ador&#233; en apparence, soit reni&#233; dans la pratique des choses. &#187;
&lt;br /&gt;**** Grande figure de l'anarchisme, &#201;lis&#233;e Reclus, auteur du c&#233;l&#232;bre : &#171; voter, c'est abdiquer &#187;, figurera pourtant en 1885 sur une liste pr&#233;sent&#233;e par Prosper-Olivier Lissagaray, l'historien de la Commune.
&lt;br /&gt;***** Dans les ann&#233;es qui suivirent la Commune, les fr&#232;res Reclus refuseront toute action politique qui n'ait pas pour but imm&#233;diat et direct le triomphe des travailleurs sur le capital. &#192; la diff&#233;rence de Marx, favorable &#224; l'action politique l&#233;gale. &lt;br /&gt;****** En 1869, &#201;lis&#233;e Reclus publie deux &#339;uvres majeures : &#171; la Terre, description des ph&#233;nom&#232;nes de la vie du globe &#187;, v&#233;ritable &#171; discours de la m&#233;thode de la g&#233;ographie &#187; selon la revue g&#233;ographique de Leipzig ; et &#171; l'Histoire d'un ruisseau &#187;, ouvrage po&#233;tique de vulgarisation scientifique, dont le personnage principal est un ru. V&#233;g&#233;tarien, oppos&#233; &#224; la corrida, r&#233;vuls&#233; par ce qu'il a vu dans les abattoirs industriels (du Br&#233;sil notamment), &#201;lis&#233;e peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un des pr&#233;curseurs de l'&#233;cologie. Il &#233;crit notamment : &#171; On pleurera les poissons, si l'on n'y prend garde ; les glaciers, les torrents, les oc&#233;ans, les nuages seront souill&#233;s&#8230; Il faut d&#233;fendre la nature, berceau et oxyg&#232;ne de l'homme. &#187; Ou encore, qui pr&#233;figure, la marchandisation de la nature dans &#171; l'Histoire d'un ruisseau &#187; : &#171; Chaque curiosit&#233; naturelle, le rocher, la grotte, la cascade, la fente d'un glacier, tout, jusqu'au bruit de l'&#233;cho, peut devenir propri&#233;t&#233; particuli&#232;re. Des entrepreneurs afferment les cataractes, les entourent de barri&#232;res en planches pour emp&#234;cher les voyageurs non payants de contempler le tumulte des eaux, puis, &#224; force de r&#233;clames, transforment en beaux &#233;cus sonnants la lumi&#232;re qui se joue dans les gouttelettes bris&#233;es et le souffle du vent qui d&#233;ploie dans l'espace des &#233;charpes de vapeurs. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vingti&#232;me &#233;pisode</title>
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		<description>&#171; S'il te pla&#238;t, Eug&#232;ne, parle moins fort, j'ai mal au cr&#226;ne, nous avons trop bu &#224; l'ind&#233;pendance du monde hier soir. Pour tout dire, je suis aussi courbatu et m&#234;me un peu abattu. _ &#187; Je m'attendais &#224; mieux. Notre XIIIe m'a d&#233;&#231;u, je pensais que les excentr&#233;s &#233;taient plus rouges. &#8211; Ce que le protestant peut &#234;tre rabat-joie. L&#233;o Meillet, Duval, Chardon vont &#234;tre proclam&#233;s &#233;lus &#224; ce que je sache. &#8211; Mais l'autre L&#233;o, le lion hongrois, Fr&#228;nkel, n'a obtenu que 4 080 voix. &#8211; Pour un cosmopolite, c'est bien suffisant (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; S'il te pla&#238;t, Eug&#232;ne, parle moins fort, j'ai mal au cr&#226;ne, nous avons trop bu &#224; l'ind&#233;pendance du monde hier soir. Pour tout dire, je suis aussi courbatu et m&#234;me un peu abattu.
_ &#187; Je m'attendais &#224; mieux. Notre XIIIe m'a d&#233;&#231;u, je pensais que les excentr&#233;s &#233;taient plus rouges.
&lt;br /&gt;&#8211; Ce que le protestant peut &#234;tre rabat-joie. L&#233;o Meillet, Duval, Chardon vont &#234;tre proclam&#233;s &#233;lus &#224; ce que je sache.
&lt;br /&gt;&#8211; Mais l'autre L&#233;o, le lion hongrois, Fr&#228;nkel, n'a obtenu que 4 080 voix.
&lt;br /&gt;&#8211; Pour un cosmopolite, c'est bien suffisant ! sourit Eug&#232;ne.
&lt;br /&gt;&#8211; Je me suis laiss&#233; dire qu'on comptabiliserait plus de cinquante pour cent d'abstentions&#8230;
&lt;br /&gt;&#8211; Le Comit&#233; a repris les listes &#233;lectorales de f&#233;vrier. As-tu id&#233;e du nombre de francs-fileurs ? Et quid de tous les banlieusards, des soldats qui vivent parmi nous et ne sont par d&#233;finition pas inscrits ? Nous sommes majoritaires, c'est ce qui compte.
_ &#187; Au fait, ton fr&#232;re a &#233;t&#233; entendu par Duval. Les gardes nationaux l'ont pass&#233; par les armes au petit matin, c'&#233;tait un tra&#238;tre !&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;- Tr&#232;s amusant, Eug&#232;ne, mais tu sais qu'on vient d'apprendre le d&#233;c&#232;s de Turpin*. C'est le premier mort de notre Paris libre !
&lt;br /&gt;- Souhaitons que ce soit le dernier, Th&#233;o.
&lt;br /&gt;- &#187; As-tu lu &#171; le Cri du peuple &#187; dat&#233; d'hier ?
&lt;br /&gt;- O&#249; est publi&#233; le manifeste du Comit&#233; des Vingt arrondissements ? J'ai trouv&#233; le texte un peu verbeux, mais il demeurera dans l'Histoire. Enfin, je n'ai rien &#224; reprocher &#224; ce Denis-l&#224;**. &#187;
&lt;br /&gt;-Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, ce texte en question &#233;tait sign&#233; du proudhonien Pierre Denis***, grand ami de Jules Vall&#232;s. Lequel le d&#233;crirait comme un &#171; sobre, un simple, qui vit de caf&#233;, de caporal et de pain bis &#187;.
&lt;br /&gt;-Je relus alors le manifeste &#224; haute voix : &#171; Paris, par la r&#233;volution du 18 Mars, par l'effort spontan&#233; et courageux de sa Garde nationale, a reconquis son autonomie, c'est-&#224;-dire le droit d'organiser sa force publique, sa police et son administration financi&#232;re.[&#8230;]
&lt;br /&gt;- &#187; Jamais heure ne fut plus solennelle. Cette r&#233;volution, que nos p&#232;res ont commenc&#233;e et que nous achevons, poursuivie &#224; travers les si&#232;cles avec tant d'abn&#233;gation et d'h&#233;ro&#239;sme par les artisans du Moyen &#194;ge&#8230; &#187;
&lt;br /&gt;- Notre drapeau rouge date du Moyen &#194;ge****, on l'oublie trop souvent, intervint Eug&#232;ne avec un enthousiasme dont il &#233;tait peu coutumier.
&lt;br /&gt;- Je poursuis : &#8220;&#8230;par les bourgeois de la Renaissance&#8230;&#8221;
&lt;br /&gt;- Le capitalisme et la banque sont n&#233;s dans le nord de l'Italie. &#8220;Banco&#8221;, c'est le banc sur lequel se traitaient les affaires. L'industrie textile, avec la laine, &#231;a part aussi de l'Italie&#8230;
&lt;br /&gt;- &#8221;&#8230;par les combattants de 1789, [Cette r&#233;volution] va se consommer sans lutte sanglante, par la toute-puissance de la volont&#233; populaire, qui va se prononcer souverainement en d&#233;posant son bulletin dans l'urne.
&lt;br /&gt;-&#8221;La commune est la base de tout &#201;tat politique, comme la famille est l'embryon des soci&#233;t&#233;s.
&lt;br /&gt;-&#8221;Elle doit &#234;tre autonome, c'est-&#224;-dire se gouverner et s'administrer elle-m&#234;me suivant son g&#233;nie particulier, [&#8230;] son caract&#232;re propre, comme l'individu au milieu de la cit&#233;. [&#8230;]
&lt;br /&gt;-&#8221;C'est cette id&#233;e communale, poursuivie d&#232;s le XIIe si&#232;cle, affirm&#233;e par la morale, le droit et la science, qui vient de triompher le 18 mars 1871.
&lt;br /&gt;-&#8221;Elle implique comme forme politique la R&#233;publique, seule compatible avec la libert&#233; et la souverainet&#233; populaire. La libert&#233; la plus compl&#232;te de parler, d'&#233;crire, de se r&#233;unir et de s'associer.
&lt;br /&gt;-&#8221;Le respect de l'individu et l'inviolabilit&#233; de sa pens&#233;e. La souverainet&#233; du suffrage universel, restant toujours ma&#238;tre de lui-m&#234;me et pouvant se convoquer et se manifester incessamment.&#8221; &#187;
&lt;br /&gt;-En me rem&#233;morant ces lignes, je ne puis m'emp&#234;cher de songer &#224; ce que mon futur &#171; patron &#187; et n&#233;anmoins ami Arthur Arnould me dirait quelques semaines plus tard &#224; propos de sa propre &#233;lection, ou plut&#244;t de sa double &#233;lection, &#224; la fois dans le IVe et le VIIIe&#8230; : &#171; Je ne crois pas que l'&#233;lu, une fois &#233;lu, ne rel&#232;ve plus que de sa propre conscience. Je crois que l'&#233;lu n'est et ne doit &#234;tre que la conscience vivante et parlante de ses &#233;lecteurs. Du jour o&#249; sa conscience n'est plus d'accord avec la leur, c'est lui qui a tort. Il n'a plus qu'&#224; se retirer. &#187;
&lt;br /&gt;-Le manifeste &#233;voquait aussi la d&#233;mocratie dans l'administration &#224; travers &#171; le principe de l'&#233;lection appliqu&#233; &#224; tous les fonctionnaires ou magistrats [&#8230;] et par cons&#233;quent leur r&#233;vocabilit&#233; permanente &#187;.
&lt;br /&gt;-&#171; On conna&#238;t le reste, ajouta Eug&#232;ne : suppression de l'arm&#233;e permanente, de la pr&#233;fecture de police, de toutes subventions aux cultes, aux th&#233;&#226;tres et &#224; la presse&#8230;
&lt;br /&gt;- Pour qu'ils demeurent libres d'encenser ou de critiquer la Commune.
&lt;br /&gt;- En revanche, pr&#233;cisa Eug&#232;ne, j'ai bien aim&#233; la proposition de &#171; propagation de l'enseignement la&#239;que, int&#233;gral, professionnel &#187;. Que la nouvelle &#233;cole serve aussi &#224; former des travailleurs qui pourront gagner leur vie tout de suite avec un vrai m&#233;tier dans les mains.
&lt;br /&gt;- J'ai appr&#233;ci&#233; le passage final, bien que grandiloquent &#224; mon go&#251;t, conclus-je : &#171; C'est &#224; vous, citoyens, &#224; consommer pacifiquement avec la fiert&#233; et le calme de la souverainet&#233; l'acte qui sera peut-&#234;tre le plus grand que doive voir le si&#232;cle et qu'aura vu l'histoire. &#187;
&lt;br /&gt;-Le manifeste employait l'adverbe &#171; pacifiquement &#187;, or tandis que les Parisiens attendaient dans la joie, la danse et la f&#234;te la proclamation des r&#233;sultats, le sinistre Foutriquet &#233;ructait depuis Versailles : &#171; Non, la France ne laissera pas triompher dans son sein les mis&#233;rables qui voudraient la couvrir de sang. &#187;
&lt;br /&gt;-Eug&#232;ne m'informa, enfin, qu'il &#233;tait pass&#233; prestement &#224; l'&#171; Officiel &#187; afin que je m'entretinsse avec mon nouveau r&#233;dacteur en chef : Charles Longuet.&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_68 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L250xH320/Charles_Longuet_et_Je_7B37C-b7c13.jpg' width='250' height='320' alt=&quot;Charles Longuet&quot; title=&quot;Charles Longuet&quot; style='height:320px;width:250px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;
&lt;br /&gt;-De deux ans mon a&#238;n&#233;, le citoyen Longuet, brillant &#233;tudiant en son temps, avait d&#233;j&#224; une longue carri&#232;re d'opposant r&#233;publicain et socialiste &#224; son actif. Je savais qu'il avait &#233;t&#233; le traducteur du pr&#233;ambule et des statuts provisoires de l'Internationale, lesquels avaient &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s par le Dr Marx.
&lt;br /&gt;-Il me re&#231;ut cordialement dans son bureau. Je me laissais alors aller &#224; quelques confidences, par exemple que mon grand-p&#232;re avait connu le jeune Marx en 48-49. Son visage s'&#233;claira, il me parla aussit&#244;t librement de ses d&#233;m&#234;l&#233;s avec l'Empire, de ses condamnations, de ses amendes, de son exil en Belgique, et en Angleterre, o&#249; il &#233;pousa la cause franc-ma&#231;onne. &#171; Comme mon grand-p&#232;re d'ailleurs, dis-je alors na&#239;vement. La seule chose que je ne m'explique pas, c'est qu'il n'a jamais cherch&#233; &#224; me faire int&#233;grer sa loge&#8230; &#187; Le citoyen Longuet sourit, comme s'il avait devin&#233; ce myst&#232;re. Je demeurai coi.
&lt;br /&gt;-Devinant mon d&#233;sarroi, il me dit &#234;tre &#224; l'origine de la r&#233;solution du congr&#232;s de Bruxelles sur la guerre en 68 : &#171; Le congr&#232;s recommande surtout aux travailleurs de cesser tout travail dans le cas o&#249; une guerre viendrait &#224; &#233;clater dans leurs pays respectifs. Le congr&#232;s compte aussi sur l'esprit de solidarit&#233; qui anime les travailleurs de tous les pays pour esp&#233;rer que leur appui ne fera pas d&#233;faut &#224; cette guerre des peuples contre la guerre. &#187; Nous soupir&#226;mes de concert.
&lt;br /&gt;-Longuet me confia qu'il avait envoy&#233; lui-m&#234;me de Paris, le 4 septembre, un t&#233;l&#233;gramme au Dr Marx l'avisant de la chute de l'Empire.
&lt;br /&gt;-Curieusement, il rougit quand j'&#233;voquais les articles sur l'Irlande publi&#233;s dans &#171; la Marseillaise &#187; de Rochefort et dont l'auteur n'&#233;tait autre que Jenny Marx*****, la fille a&#238;n&#233;e du suppos&#233; chef occulte de l'Internationale.
&lt;br /&gt;-&#171; Vous parlez allemand, me dit-il. Voil&#224; un tr&#232;s bon point. Vous savez, je parle &#224; notre ami [Karl Marx &#8211; NDLA] en anglais et en fran&#231;ais, langue qu'il ma&#238;trise admirablement.
&lt;br /&gt;- Comme bien des lettr&#233;s rh&#233;nans, ajoutai-je. Il est d'une famille qui doit beaucoup &#224; la R&#233;volution fran&#231;aise. Avant, les Marx n'&#233;taient pas des sujets &#224; part enti&#232;re. J'en sais quelque chose, la famille de mon demi-fr&#232;re, Fran&#231;ois Oberfeld, &#233;tait le cas de la famille Marx. Elle a profit&#233; de l'occupation fran&#231;aise pour se convertir et exercer un m&#233;tier auquel elle n'avait pas acc&#232;s avant. &#187;
&lt;br /&gt;-Longuet acquies&#231;a en allumant un petit cigare.
&lt;br /&gt;-&#171; Je vous ai crois&#233; le jour du 31 octobre, ajoutai-je.
&lt;br /&gt;- Oui, malheureusement, la police des faux r&#233;publicains aussi, apr&#232;s. J'ai &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233; du 248e bataillon, dont j'avais &#233;t&#233; &#233;lu chef. &#187;
&lt;br /&gt;-Cependant, les ouvriers de Paris ne l'avaient pas reni&#233;, qui le pr&#233;sent&#232;rent aux &#233;lections de f&#233;vrier.
&lt;br /&gt;-&#171; Je n'ai gu&#232;re obtenu de voix, Th&#233;o.
&lt;br /&gt;- Vous n'&#233;tiez pas le seul, citoyen. Vous vous &#234;tes rattrap&#233; en entrant au Comit&#233; central [De la Garde nationale &#8211; NDLA].
&lt;br /&gt;- Je suis comme Bakounine, on me chasse par la porte, je rentre par la fen&#234;tre. &#187;
&lt;br /&gt;-Justement, un correcteur vint interrompre notre entretien. &#171; Votre beau-fr&#232;re Gaston vient &#224; moiti&#233; d'enfoncer la porte de votre bureau, Th&#233;o.
&lt;br /&gt;- C'est une habitude dans leur famille, fis-je ironiquement.
&lt;br /&gt;- Nous aurons l'occasion de reparler des Marx, dit Charles Longuet.
&lt;br /&gt;- Vous m'excuserez&#8230; &#187;
&lt;br /&gt;-Gaston tr&#233;pignait dans mon bureau : &#171; Duval m'a confi&#233; quatre gardes nationaux. On va se le coincer, &#8220;Oreille-Cass&#233;e&#8221;&#8230; &#187;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;* Turpin est ce f&#233;d&#233;r&#233; bless&#233; par les mouchards de la police le matin du 18 mars. (Voir le troisi&#232;me &#233;pisode de la deuxi&#232;me partie.)
&lt;br /&gt;** Th&#233;o fait r&#233;f&#233;rence &#224; son agresseur de samedi soir, pr&#233;nomm&#233; Denis.
&lt;br /&gt;***Alors &#226;g&#233; de 43 ans, Pierre Denis assumera la direction du &#171; Cri du peuple &#187; apr&#232;s le 19 avril, quand Vall&#232;s, pris par ses mandats, ne pourra plus assurer la ligne &#233;ditoriale du journal.
&lt;br /&gt;**** Dat&#233;e de 1877, la chanson de Paul Brousse intitul&#233;e le &#171; Drapeau rouge &#187; &#233;voque cette g&#233;n&#233;alogie : &#171; Les r&#233;volt&#233;s du Moyen &#194;ge/L'ont arbor&#233; sur maints beffrois/Embl&#232;me &#233;clatant du courage/Souvent il fit p&#226;lir les rois.
&lt;br /&gt;-[Refrain] Le voil&#224;, le voil&#224;, regardez/Il flotte et fi&#232;rement il bouge/Ses longs plis au combat pr&#233;par&#233;/Osez, osez le d&#233;fier/Notre superbe drapeau rouge/Rouge du sang de l'ouvrier [bis].
&lt;br /&gt;-Puis plant&#233; sur les barricades/Par le peuple de F&#233;vrier/Lui le signal des fusillades/Devint drapeau de l'ouvrier.
&lt;br /&gt;-[Refrain]
&lt;br /&gt;-Quand la deuxi&#232;me r&#233;publique/Condamna ses fils &#224; la faim/Il fut de la lutte tragique/Le drapeau rouge de Juin.
&lt;br /&gt;-[Refrain]
&lt;br /&gt;-Sous la Commune il flotte encore/&#192; la t&#234;te des bataillons/L'inf&#226;me drapeau tricolore/En fit de glorieux haillons.
&lt;br /&gt;-[Refrain]
&lt;br /&gt;-Un jour sa flamme triomphale/Luira sur un monde meilleur/D&#233;j&#224; l'Internationale/ra sur un monde meilleur/D&#233;j&#224; l'Internationale/Acclame sa rouge couleur. &#187;
&lt;br /&gt;***** N&#233;e en 1844, Jenny est donc la fille a&#238;n&#233;e de Jenny et Karl Marx. Brillante journaliste, elle &#233;crit sous le pseudonyme de J. Williams une s&#233;rie de huit articles d&#233;non&#231;ant les mauvais traitements que les Anglais font subir aux prisonniers politiques irlandais. &#192; la lecture de ces textes, le gouvernement de Gladstone ouvrira une enqu&#234;te officielle. Jenny &#233;pouse Charles Longuet en 1872 et lui donne six enfants. Elle meurt pr&#233;matur&#233;ment en janvier 1883, laissant inconsolable son vieux p&#232;re qui s'&#233;teindra deux mois plus tard. &#187;
&lt;br /&gt;
_&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dix-neuvi&#232;me &#233;pisode</title>
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		<description>&#171; Je t'ai recousu ta vareuse et t'ai mis un bouton tout neuf. Il faut que tu te fasses beau pour aller voter. &#8211; Tu es un ange, Madeleine. &#8211; &#199;a existe pas, les angelots, c'est des bondieuseries. &#187; C'est la m&#232;re Mercier qui t'a frip&#233; ton pantalon avec son gros popotin ? &#8211; Non, c'est Madame [Illisible&#8211; NDLA]. Elle &#233;tait captiv&#233;e par mon fr&#232;re, qui &#8220;cause comme un livre&#8221;. Elle qui croyait, il n'y a pas si longtemps encore, que tous les Africains &#233;taient cannibales. Tu as beau dire, la marche inexorable de (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; Je t'ai recousu ta vareuse et t'ai mis un bouton tout neuf. Il faut que tu te fasses beau pour aller voter.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &#8211; Tu es un ange, Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &#8211; &#199;a existe pas, les angelots, c'est des bondieuseries.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &#187; C'est la m&#232;re Mercier qui t'a frip&#233; ton pantalon avec son gros popotin ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &#8211; Non, c'est Madame [Illisible&#8211; NDLA]. Elle &#233;tait captiv&#233;e par mon fr&#232;re, qui &#8220;cause comme un livre&#8221;. Elle qui croyait, il n'y a pas si longtemps encore, que tous les Africains &#233;taient cannibales. Tu as beau dire, la marche inexorable de la Civilisation&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &#8211; J'ai cir&#233; tes chaussures. Je t'accompagne, faudrait pas que tu rates l'urne. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Oh ! mon amour, il n'y avait pas de risques. Paris n'&#233;tait qu'exaltation, respiration. Fortifi&#233;e, notre ville &#233;tait ouverte &#224; la libert&#233;, tandis que Versailles, quadrill&#233; par les mouchards et les gendarmes, suffoquait dans ses t&#233;n&#232;bres pestilentielles. Radieux, Paris, o&#249; tous circulaient librement, votait dans la f&#234;te. M&#234;me chez les ti&#232;des et les heureux, l'id&#233;e des &#233;lections avait fini par faire son chemin. Apr&#232;s moult trahisons et tergiversations, les maires s'&#233;taient rang&#233;s &#224; l'avis du Comit&#233; central, entra&#238;nant les plus craintifs dans leur sillage.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes les opinions s'exprimaient. Sur le m&#234;me trottoir, on donnait aussi bien de la voix pour &#171; le Cri du peuple &#187; que pour le &#171; Paris-Journal* &#187;.
Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, je ne m'y entends gu&#232;re en lois &#233;lectorales. Picard** n'avait attribu&#233; &#224; Paris que soixante conseillers, soit trois par arrondissement et cela sans tenir compte de sa population. Habile d&#233;coupage qui faisait que le XVIe &#233;tait aussi repr&#233;sent&#233; que le XIe, pourtant plus habit&#233; mais, il est vrai, &#244; combien plus rouge !
Le Comit&#233; central d&#233;cida donc qu'un conseiller repr&#233;senterait d&#233;sormais vingt mille habitants. Soit pour Paris quatre-vingt-dix &#233;lus en tout. En arrivant &#224; la mairie du XIIIe, Gaston m'interpella : &#171; J'ai frictionn&#233; les joues du zig d'hier soir &#224; la phalange. Un d&#233;nomm&#233; Denis, une asperge &#224; l'allure de pr&#234;cheur fam&#233;lique. &#8211; Ne blasph&#232;me pas mon fils, dis-je ironiquement. Un peu de charit&#233; pour les pasteurs, bien que tu sois d'origine catholique&#8230;
&#8211; Catholique, catholique, mon&#8230; [Illisible &#8211; NDLA]. Il m'a racont&#233; qu'il connaissait Gautier. Un vrai d&#233;ophile, Gautier.
&#8211; Quel trait d'esprit !
&#8211; J'veux dire qu'il joue aux d&#233;s et aux cartes, l'argousin, il flambe, il perd, il essaie constamment de se refaire et comme il a de mauvaises fr&#233;quentations, profession oblige, il verse dans le vice.
&#8211; C'est incroyable, plus tu fr&#233;quentes Joseph, plus tu parles comme un livre&#8230;
&#8211; Amusant&#8230; Avant de partir pour Mazas sous bonne escorte, il m'a l&#226;ch&#233; l'adresse o&#249; se terre &#8220;Oreille-Cass&#233;e&#8221;. Il loge chez les rupins, le Denis. C'est pas tr&#232;s loin de ton &#8220;Officiel&#8221;. &#8211; On ira y faire un assaut.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Gaston, encore merci pour hier&#8230;
&#8211; J'aime pas qu'on cherche des crosses &#224; la famille, r&#233;pliqua-t-il en riant.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Dis-moi, Th&#233;o, puisqu'on est presque entre nous : &#231;a m'emb&#234;te de voter pour Fr&#228;nkel. Depuis quand un Hongrois peut-il faire la loi chez nous ?&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_67 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L300xH510/Leo_Frankel-129b0.jpg' width='300' height='510' alt=&quot;Leo Fra&#776;nkel&quot; title=&quot;Leo Fra&#776;nkel&quot; style='height:510px;width:300px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;
&#8211; Tu es injuste, c'est Fr&#228;nkel qui a tout fait pour que l'Internationale rejoigne le Comit&#233; central. Et puis, tu ne votes pas pour quelqu'un qui va te gouverner mais pour un citoyen qui va te repr&#233;senter. S'il ne remplit pas le mandat pour lequel il a &#233;t&#233; &#233;lu, on le r&#233;voquera. Mais n'aie crainte, L&#233;o est un vrai socialiste, un orf&#232;vre en la mati&#232;re***&#8230;
&#8211; &#8230; mais il est isra&#233;lite, Th&#233;o&#8230;
&#8211; Bah mon demi-fr&#232;re, Fran&#231;ois, aussi. &#8211; Je lui fais pas confiance&#8230; &#8211; Tu ne trouveras pas meilleur alli&#233; des ouvriers que Fr&#228;nkel. Rappelle-toi, il a &#233;t&#233; condamn&#233; en juillet &#224; deux mois de prison pour appartenance &#224; l'Internationale. &#192; Paris, c'est lui qui repr&#233;sentait la section allemande. Il a eu le courage de sortir &#224; ses juges : &#8220;L'association internationale n'a pas pour but une augmentation du salaire des travailleurs, mais bien l'abolition compl&#232;te du salariat, qui n'est qu'un esclavage d&#233;guis&#233;.&#8221; C'est audacieux, non ?
&#8211; Oui, mais ils ne sont pas comme nous, ces gens-l&#224;&#8230;
&#8211; C'est vrai, Gaston, les juifs empoisonnent les puits et tuent les enfants chr&#233;tiens lors de rites initiatiques myst&#233;rieux. Si tu veux, c'est traditionnel chez eux, on n'y peut rien, cela rel&#232;ve de la coutume ancestrale. En Alsace, une famille sur dix pratique ce rituel encore. Par amiti&#233;, Fran&#231;ois m'a fait go&#251;ter du sang de jeunes chr&#233;tiens&#8230; entre nous, je pr&#233;f&#232;re le riesling&#8230;
&#8211; Arr&#234;te de me charrier, je suis pour Duval. Le Fr&#228;nkel, j'le connais pas. &#8211; Mais nous ne sommes pas &#224; Versailles, Gaston, tu votes pour qui tu veux. &#187; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Alors que Thiers t&#233;l&#233;graphiait &#171; les &#233;lections ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;es par les citoyens amis de l'ordre &#187; ou qu'il aboyait &#171; les &#233;lections se feront aujourd'hui sans libert&#233; &#187;, le peuple de Paris se rendait dans les mairies sans la pression de la police ni les intrigues des mamelouks de l'Empire. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Les adversaires un tant soit peu sinc&#232;res de la Commune reconnurent que les &#233;lections furent libres. &#201;videmment, les coupeurs de cheveux en quatre trouveront peut-&#234;tre &#224; ergoter. Les &#233;lections se firent dans la pr&#233;cipitation, bien des programmes &#233;taient flous, inaboutis. Qu'importe puisque le peuple votait pour lui, que le candidat f&#251;t blanquiste, jacobin, socialiste r&#233;volutionnaire&#8230; l'essentiel &#233;tait qu'il r&#233;pond&#238;t &#224; l'aspiration de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; et de fraternit&#233; qui guidait la vieille cit&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ma conscience me porte &#224; avouer, mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, que je n'appr&#233;ciai pas, mais cela demeure anecdotique, que, faubourg Saint-Antoine, o&#249; certains pr&#233;conisaient le vote &#224; bulletin ouvert, des meneurs escortassent la cohorte des citoyens, influen&#231;ant par l&#224; m&#234;me leurs voix.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Sans les d&#233;fendre outre mesure, Madeleine me dirait ceci : &#171; Dans la plupart des cantons ruraux, les maires et les cur&#233;s se tiennent bien dans les cort&#232;ges civiques. Ils font &#231;a depuis 1848****. &#187; Mais de l&#224; &#224; les imiter&#8230; Notre r&#233;volution se devait d'&#234;tre exemplaire. Puisque tout est permis aux ma&#238;tres, les esclaves doivent avoir de la vertu pour deux. Et les &#233;lus de la Commune, malgr&#233; leurs erreurs, leurs myst&#232;res, voire les &#233;garements ne trahirent jamais le peuple de Paris. Gloire leur soit rendue !
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Gloire soit rendue aussi au Comit&#233; central de la Garde nationale : ces hommes que rien ne pr&#233;destinait &#224; cette t&#226;che nourrirent la capitale, r&#233;sist&#232;rent aux exalt&#233;s, dompt&#232;rent &#171; les Amis de l'ordre &#187;, r&#233;organis&#232;rent les services publics, prirent langue avec les Prussiens, n&#233;goci&#232;rent avec les maires plus ou moins f&#234;lons dans le fol espoir d'&#233;loigner le spectre odieux de la guerre civile. Le tout &#8211; et je fus bien plac&#233; pour le savoir &#8211; en usant d'une langue empreinte de fraternit&#233;, de virilit&#233; et d'une sinc&#233;rit&#233; inconnues jusqu'alors. Balay&#233;es les vieilles badernes de 48 aux trahisons d&#233;sormais lumineuses. Place aux anonymes, aux sans-grade, aux g&#233;n&#233;reux, talentueux et sensibles &#224; la Vall&#232;s, Varlin, Fr&#228;nkel et j'en passe qui firent de la Commune non point une autre r&#233;volution, une de plus sur le pav&#233; parisien, mais une r&#233;volution d'un genre nouveau. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Socialistes de toutes les &#233;coles, nous n'&#233;tions plus des esclaves r&#233;volt&#233;s et l&#233;gitimement assoiff&#233;s de revanche. Notre &#233;ducation avait &#233;t&#233; faite. Notre &#339;uvre ne se voulait point destructrice mais fondatrice. Fid&#232;les aux nobles id&#233;aux de 89 et de 93, nous r&#233;pugnions &#224; la violence, car la terreur est l'expression du faible et de l'apeur&#233;. Nous &#233;tions le droit, point la force brutale qui complique tous les probl&#232;mes. Bien s&#251;r, notre verbe se voudrait guerrier mais notre c&#339;ur &#233;tait pacifique. Sans h&#226;te, nous les communeux voulions r&#233;ajuster la pyramide sur son socle. La justice, l'&#233;galit&#233;, le travail et la libert&#233;, notre programme reposait sur peu de mots mais ceux-l&#224; donnaient le vertige aux peuples du monde, nos fr&#232;res. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Madeleine, Henriette, Gaston et moi dans&#226;mes toute la nuit et abus&#226;mes de la dive bouteille. Augustine finit par nous rejoindre avec les enfants ainsi que Francesco et Yves. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dans ce Paris o&#249; tout le monde saluait tout le monde, o&#249; la fraternit&#233; s'incarnait, nous &#233;tions ivres de libert&#233;, de bonheur et de chansons&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* Paraissant depuis quatre ans d&#233;j&#224;, &#171; Paris-Journal &#187;, dont le directeur n'est autre qu'Henry de P&#232;ne, bless&#233; lors d'une manifestation des &#171; Amis de l'ordre &#187;, se d&#233;clare contre &#171; l'&#233;meute &#187;, c'est-&#224;-dire le 18-Mars. Il reconna&#238;t n&#233;anmoins que les f&#233;d&#233;r&#233;s ne sont pour rien dans l'assassinat des g&#233;n&#233;raux Lecomte et Cl&#233;ment Thomas.
** Ernest Picard a &#233;t&#233; ministre de Finances du gouvernement dit de D&#233;fense nationale. De Versailles, il enverra des mouchards et des policiers espionner la Commune, qu'il s'acharnera &#224; d&#233;nigrer aupr&#232;s des provinciaux.
*** N&#233; dans les faubourgs de Budapest en 1844, L&#233;o Fr&#228;nkel s'installe &#224; Lyon en 1867, o&#249; il travaille comme orf&#232;vre. Tout porte &#224; croire qu'il a s&#233;journ&#233; auparavant en Allemagne et en Angleterre, o&#249; il se serait directement affil&#233; &#224; l'Internationale. De Lyon, il vient &#224; Paris, o&#249; il est simple ouvrier bijoutier. La Commune lui devra ses rares mesures purement socialistes : interdiction du travail de nuit chez les boulangers, suppression des amendes et autres retenues sur salaire, recensement des ateliers abandonn&#233;s afin d'y installer des coop&#233;ratives ouvri&#232;res etc. Th&#233;o, n'en doutons pas, reparlera de cet immense personnage.
****En 1848, le suffrage universel est instaur&#233;. Enfin, universel&#8230; les femmes n'ont pas le droit de vote. Elles ne peuvent pas tout avoir, d&#233;j&#224; que l'&#201;glise leur a reconnu une &#226;me quelques ann&#233;es auparavant&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dix-huiti&#232;me &#233;pisode</title>
		<link>http://www.maira.org/spip.php?article82</link>
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		<dc:date>2009-01-21T21:34:49Z</dc:date>
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		<description>&#171; Qui a dit que le dimanche &#233;tait un jour de tout repos ? Je me r&#233;veillais le cr&#226;ne fracass&#233;. Madeleine et Nathalie &#233;taient sorties. Mon amazone devait d&#233;j&#224; &#234;tre en train de refaire le monde chez les voisins. Un jour, mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, je vous parlerai de la communaut&#233; de la rue du Ch&#226;teau-des-Rentiers. D&#233;j&#224; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, cette vie de quartier expliquerait l'h&#233;ro&#239;sme des communeux. Nous vivions et travaillions dans le m&#234;me quartier (sauf moi, d&#233;sormais exil&#233; au bord (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; Qui a dit que le dimanche &#233;tait un jour de tout repos ? Je me r&#233;veillais le cr&#226;ne fracass&#233;. Madeleine et Nathalie &#233;taient sorties. Mon amazone devait d&#233;j&#224; &#234;tre en train de refaire le monde chez les voisins. Un jour, mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, je vous parlerai de la communaut&#233; de la rue du Ch&#226;teau-des-Rentiers. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; D&#233;j&#224; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, cette vie de quartier expliquerait l'h&#233;ro&#239;sme des communeux. Nous vivions et travaillions dans le m&#234;me quartier (sauf moi, d&#233;sormais exil&#233; au bord de la Seine). Nous formions une famille. Et une famille, &#231;a combat et meurt ensemble sur les barricades car on ne veut pas d&#233;cevoir. Une r&#233;putation, &#231;a se soigne !&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ah oui ! et Joseph ? Au bagne &#224; Cayenne ou de retour &#224; Paris ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Donc, je tombai du lit, regardai par hasard en dessous. Qui sait, le tr&#233;sor de Monte-Cristo ? &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je parcourais des yeux notre petit appartement, celui de notre Germaine. Une armoire sans valeur, une commode qui n'&#233;tait que pratique, quelques vieux tableaux aux murs, une vaisselle qui avait v&#233;cu. M&#234;me pas de chandeliers en argent ! Que je sache, Germaine ne s'&#233;tait jamais rendue &#224; Digne*. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je d&#233;bouchai le pot de lait, discr&#232;tement de peur d'&#234;tre assailli par Garibaldo et Blanquette. Des hourras venus de la rue bouscul&#232;rent mon cerveau endolori. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; Il est de retour, le Joseph ! &#187; cria Madeleine en enfon&#231;ant litt&#233;ralement la porte, suivie par une dizaine de voisins. J'eus &#224; peine le temps d'enfiler le premier pantalon qui me tombait sous la main, celui d'Edmond. &#171; Tu t'habilles en zouave pour f&#234;ter le retour du prince du d&#233;sert ? &#187; s'&#233;touffa de rire Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Radieux et en civil, mon fr&#232;re tenait dans ses bras Nathalie, qui avait repris des couleurs. &#171; Aussi pr&#233;cis qu'un coucou suisse, me lan&#231;a-t-il en alsacien.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Tu veux nous faire mourir d'inqui&#233;tude ? &#187; m'insurgeai-je. Il fallait bien que je fisse montre d'autorit&#233;, &#233;tant l'a&#238;n&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; On s'est fait de la bile, nom de nom, encha&#238;nai-je. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je n'entends pas grand-chose aux affaires politiques, dit Joseph, mais je crois que les amis de Madeleine ont raison. Versailles est &#224; la port&#233;e des f&#233;d&#233;r&#233;s. Je n'ai jamais vu une telle pagaille de ma vie.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Raconte ! &#187; s'enthousiasma Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, Joseph nous fit une relation si d&#233;taill&#233;e que j'en perdis un peu le fil, n'&#233;tant pas au fait des choses militaires. Surtout, j'&#233;tais &#233;mu &#224; l'id&#233;e de le revoir, la fleur &#224; la boutonni&#232;re, comme si de rien n'&#233;tait.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; Il ne faut pas se laisser duper. Les ponts de Saint-Cloud et de S&#232;vres** sont gard&#233;s par des &#233;l&#233;ments s&#251;rs. C'est un fait. Mais cela veut dire que les autres &#233;l&#233;ments de l'arm&#233;e ne le sont pas&#8230; s&#251;rs. Il y a des gendarmes pour emp&#234;cher les d&#233;serteurs de rejoindre la capitale. Mais bien des pandores sont ext&#233;nu&#233;s, ne peuvent mais. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Il manque plus de cinq cents hommes au 109e, plus de quatre cents au 110e, par exemple. Dans ce dernier bataillon, un soldat a os&#233; dire qu'en cas de guerre civile, lui et ses camarades tueraient leurs officiers et rejoindraient la Garde nationale.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Attention, cela ne veut pas dire que tous les soldats nous sommes favorables.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; C'est quand m&#234;me une arm&#233;e de conscrits, dit alors M. [Illisible], le voisin du rez-de-chauss&#233;e.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Il ne faut pas trop s'y fier non plus, rectifia Joseph. Il y a ceux qui sympathisent avec les id&#233;es des f&#233;d&#233;r&#233;s. Ils sont soit parisiens eux-m&#234;mes, soit ils ont habit&#233; les faubourgs pendant le si&#232;ge.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Et il y a aussi, je pense qu'ils sont largement majoritaires, ceux qui n'ont pas d'opinion arr&#234;t&#233;e. Dans le meilleur des cas, ils refuseront la guerre civile. Dans le pire, ils nous accuseront de vouloir prolonger le conflit avec les Prussiens. Et eux n'auront qu'une id&#233;e : rentrer chez eux pour revoir leur famille.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; C'est pas nous qu'avons voulu la guerre ! s'insurgea Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Mais pour eux, r&#233;pondit pos&#233;ment Joseph, elle est finie. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Attends, Madeleine, ce n'est pas tout. J'ai appris par Mourad, un fr&#232;re kabyle, un homme de camp qui approche les hauts grad&#233;s. Vous savez, ils parlent librement devant lui, car, pour eux, il est invisible.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Donc, Mourad m'a rapport&#233; que Gallifet avait voulu lancer une attaque surprise : la cavalerie contre la Porte Maillot et le Trocad&#233;ro. Et c'est Thiers en personne qui l'en a dissuad&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Brave Foutriquet, ironisa Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; C'est que Crapaud Venimeux*** doutait des dispositions des hommes. Mac-Mahon, lui aussi, a compris que l'arm&#233;e avait perdu toute efficacit&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Tu vois, Th&#233;o, Versailles est prenable, dit Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Oui, Madeleine, reprit Joseph, l'op&#233;ration serait une r&#233;ussite peut-&#234;tre. Mais la Garde nationale aurait-elle la coh&#233;sion n&#233;cessaire pour tenir une ville sans fortifications comme Versailles tout en s&#233;curisant Paris ? Rien n'est moins s&#251;r****.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; C'est vrai, &#224; Versailles, j'ai vu des centaines de soldats d&#233;ambuler dans la ville, ivres morts, l'insulte au bord des l&#232;vres pour leurs officiers. Il suffirait que des &#233;nergiques de Paris fassent conna&#238;tre les positions du Comit&#233; central pour que plus d'un bascule dans notre camp. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; C'est pourquoi la droite monarchiste a &#233;t&#233; folle cette semaine. Elle a attis&#233; les braises, provoqu&#233; Thiers alors que ce dernier, conscient des faiblesses de l'arm&#233;e, n'avait que ces mots-l&#224; &#224; la bouche : &#8220;ne pas faire couler des flots de sang&#8221;. M&#234;me Le Fl&#244;***** a abandonn&#233; l'amiral Saisset. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Faut dire, Th&#233;o, que les f&#233;d&#233;r&#233;s agissent en dilettantes, poursuivit Joseph, qui se faisait plus grave. Le Comit&#233; pr&#233;tend &#234;tre ma&#238;tre de Paris et il laisse les portes de l'Ouest aux mains des gardes nationaux de l'ordre. Ce n'est pas possible !
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Eug&#232;ne m'a soutenu qu'ils commen&#231;aient &#224; les d&#233;serter, ces portes, argumentai-je.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; D'accord, mais ils quittent la place parce que Versailles ne leur envoie aucun renfort. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Dans la ville du Roi-Soleil, les plus lucides des d&#233;put&#233;s parlent d'&#233;vacuer le gouvernement vers Tours, voire Bordeaux.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Bis repetita, ironisai-je&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; &#199;a signifie qu'ils ont peur des f&#233;d&#233;r&#233;s, dit Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Tu as raison, ma ch&#232;re belle-s&#339;ur, il ne faut pas se laisser prendre par les rodomontades&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Les quoi ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Les effets de manche d'Obus Ier******. &#192; l'ambassadeur d'Angleterre [Lord Lyons &#8211; NDLA], il aurait d&#233;clar&#233; qu'il reconstruisait la plus puissante arm&#233;e que la France ait jamais connue. Il s'avance, le nabot.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Pour le moment, on &#233;pure &#224; Versailles. Les soldats qu'on estime rouges ou trop proches des Parisiens sont d&#233;sarm&#233;s et renvoy&#233;s. Le 23e bataillon, qui a &#233;t&#233; impliqu&#233; dans les manifestations de la Bastille, en d&#233;but de mois, eh bien ! il est question de l'exp&#233;dier chez moi, en Alg&#233;rie. Le 88e de marche&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; qui &#233;tait &#224; Montmartre, samedi dernier, dis-je, tout content de faire mine de m'y conna&#238;tre.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Oui, c'est &#231;a. Et lui aussi pourrait faire le voyage jusque de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Des soldats se sont battus avec des gendarmes, les officiers n'osent plus se faire respecter. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; L&#224; encore, il faut lire entre les lignes. Selon Mourad, les officiers ou les gendarmes qui &#233;pient sans faiblir la moindre parole, la moindre r&#233;union, &#233;dulcorent volontiers leurs rapports.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je ne comprends, dis-je alors.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Eh bien ! ils n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; faire accroire &#224; leurs sup&#233;rieurs que les soldats voient rouge. La politique se dissout dans la discipline. On ne renvoie pas Untel de l'arm&#233;e parce qu'il sympathise avec l'insurrection, mais parce que c'est un &#233;l&#233;ment insubordonn&#233;, alcoolique, noceur&#8230; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Les cafards, comme vous dites, sont partout &#224; Versailles et &#224; Satory. Cela n'emp&#234;che pas certains soldats de r&#226;ler ouvertement : &#8220;Qu'on donne aux Parisiens ce qu'ils veulent et qu'on nous laisse rentrer chez nous !&#8221; D'autres font la lecture &#224; haute voix du &#8220;Cri du peuple&#8221;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Je pense que si l'on faisait un vrai travail d'information aupr&#232;s de ces soldats-l&#224;, Thiers fr&#244;lerait l'apoplexie. Faut pas non plus oublier que bien des officiers ont &#233;t&#233; nomm&#233;s par Gambetta. Ce ne sont pas des bonapartistes. Mourad m'a soutenu que certains m&#234;me pensent que Gambetta se tient derri&#232;re le Comit&#233; central.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Ils se fourrent le doigt dans l'&#339;il et jusqu'au coude, intervint Madeleine, qui ne perdait pas une miette du r&#233;cit de son beau-fr&#232;re.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Sinc&#232;rement, je crois que la clef des &#233;v&#233;nements que nous vivons tient dans la force de la presse, Th&#233;o. Si l'arm&#233;e parvient &#224; isoler les troupes du reste de la population et des id&#233;es r&#233;publicaines de Paris, eh bien ! nous avons du mouron &#224; nous faire.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Les n&#244;tres ont une carte &#224; jouer : les soldats ne sont pas idiots. Beaucoup sont des conscrits de fra&#238;che date qui n'ont pas &#233;t&#233; broy&#233;s par la machine &#224; d&#233;cerveler qu'est l'arm&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Il parle comme un livre, dit une voisine, assise sur la chaise o&#249; reposait mon pantalon, d&#233;sormais grossi&#232;rement froiss&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je suis aussi un enfant du Livre, avec une majuscule, Madame. Je poursuis, si la noble audience le veut bien. Parmi les 64e de marche, les soldats gambergent quand ils voient parader Trochu sur son beau pur-sang arabe, nanti de sa rente de h&#233;ros de toutes les d&#233;confitures. D'aucuns voudraient m&#234;me qu'on le fusille, comme Favre, d'ailleurs !
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Les militaires remontent dans mon estime, commenta s&#232;chement Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Mourad a vu un officier du 8e rapporter que Paris &#233;tait tranquille, que les insurg&#233;s &#233;taient des gens comme les autres, et que, comme la majorit&#233; des Fran&#231;ais, ils s'opposaient tout simplement au retour de la monarchie. Et beaucoup ne comprennent pas qu'on veuille tuer d'autres Fran&#231;ais pour des histoires politiques. Le g&#233;n&#233;ral Patry, qui en a bien m&#233;rit&#233;, a demand&#233; qu'on l'exp&#233;die en Afrique. Et bien des officiers se font porter p&#226;le ou demandent &#224; &#234;tre plac&#233;s en demi-solde. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Volubile et &#233;loquent, Joseph se tut quand on frappa &#224; la porte, d'ailleurs ouverte. Il avait devin&#233;. Eug&#232;ne entra, accompagn&#233; d'Yves, rencontr&#233; sur le chemin de la rue du Ch&#226;teau-des-Rentiers.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; Bonjour, Mesdames et Messieurs. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Il faudra que tu trouves un rempla&#231;ant &#224; Joseph, me dit Eug&#232;ne.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je pense que Lukas, notre g&#233;ant luxembourgeois, ferait l'affaire, je lui en ai touch&#233; un mot hier.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Parfait, dit aussi s&#232;chement l'&#233;nigmatique Eug&#232;ne.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Joseph, Duval voudrait te voir imm&#233;diatement.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; &#199;a tombe bien, Th&#233;o va voter pour lui tout &#224; l'heure, hein Th&#233;o ? intervint Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je pensais donner ma voix &#224; un repr&#233;sentant du duc d'Orl&#233;ans.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Il semble que tu aies des informations pr&#233;cises sur Versailles, poursuivit Eug&#232;ne. Allons, ne tra&#238;nons pas&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Duval est un fondeur et un fonceur, d&#233;cocha Yves, toujours pr&#234;t &#224; faire un bon mot.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; J'aimerais savoir comment tu es pass&#233; &#224; travers les patrouilles de gendarmes, demanda &#224; mon fr&#232;re un Eug&#232;ne que je n'avais jamais vu aussi sombre. Viroflay, V&#233;lizy sont truff&#233;s de pandores.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Il y a aussi la brigade du g&#233;n&#233;ral de La Mariouse. C'est l'un des derniers r&#233;giments d'infanterie de l'arm&#233;e imp&#233;riale qui ait surv&#233;cu &#224; la chute du l&#226;che de Sedan, pr&#233;cisa, souriant, Joseph, toujours aussi effront&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Si tu n'es pas un espion de Versailles, alors Duval sera heureux que tu travailles avec lui, citoyen. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; J'&#233;tais indign&#233; : chez moi, qu'un ami trait&#226;t mon fr&#232;re de mouchard, devant les voisins par surcro&#238;t. Eug&#232;ne jouant les Saint-Just, ah non ! &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; Tu as plusieurs r&#233;volutions de retard, mon cher, lui lan&#231;ai-je, furieux.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Laissons celle-ci ne pas mourir en couches &#187;, r&#233;torqua Eug&#232;ne. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Avant de s'&#233;clairer : &#171; On se conna&#238;t depuis assez longtemps comme &#231;a pour ne pas choir dans la maladie de la suspicion, Th&#233;o.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Joseph a eu le culot d'aller se frotter aux versaillais. On a besoin d'hommes comme lui. Crois-moi, les volontaires ne se bousculent pas aux portes des casernes et c'est bien normal. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Laissez-le-moi, il va &#234;tre p&#232;re&#8230; &#187;, murmura Nathalie.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Le temps suspendit son vol. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; N'aie crainte, ma Nathalie, j'ai surv&#233;cu &#224; Laghouat, aux Prussiens et &#224; leurs uhlans, ce n'est pas quelques jeunes conscrits &#224; l'&#233;piderme un peu tendre et de vieilles badernes bonapartistes qui vont m'avoir. Nous aurons un fils, il vivra libre et sera un vrai cavalier ! &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; C'est quoi, Laghouat ? &#187;, demanda Madeleine. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je t'expliquerai &#224; mon retour de chez Duval. L'aventure m'appelle. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Th&#233;o, j'ai attach&#233; le cerf******* pr&#232;s du talus. C'est une belle b&#234;te. Tu devrais la monter. &#187; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; L'enthousiasme communicatif de la jeunesse ! &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Aucun d'entre nous ne se doutait qu'il ne restait plus &#224; Joseph qu'un mois et demi &#224; vivre&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;* R&#233;f&#233;rence &#224; Jean Valjean auquel l'&#233;v&#234;que de Digne avait offert deux chandeliers d'argent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;** Les plus courts chemins de Paris &#224; Versailles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*** Un des nombreux surnoms d'Adolphe Thiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;**** Prosper Olivier Lissagaray, auteur de l'admirable &#171; Histoire de la Commune de 1871 &#187; &#233;crit &#224; la fin du chapitre VII : &#171; L'occupation de Versailles n'e&#251;t fait que d&#233;placer l'ennemi, n'e&#251;t pas &#233;t&#233; longue ; les bataillons populaires &#233;taient trop mal pr&#233;par&#233;s pour tenir en m&#234;me temps cette ville ouverte et Paris. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;***** Le Fl&#244; a &#233;t&#233; ministre de la D&#233;fense nationale dans le gouvernement issu du 4 Septembre. Il occupera le m&#234;me poste dans celui de Thiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;****** Autre surnom de Thiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;******* Un cheval en argot militaire.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Dix-septi&#232;me &#233;pisode</title>
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		<description>&#171; Le citoyen Duval avait montr&#233; son &#233;nergie vis-&#224;-vis des marchands de r&#234;ve qu'&#233;taient les margoulins taquineurs de jeu de hasard. (Mon tendre Fran&#231;ois, j'ai appris gr&#226;ce &#224; toi et tes lettres que dans le pays o&#249; tu vis &#224; pr&#233;sent hasard est synonyme de malchance*.) Mais, qui aurait pu le lui reprocher, Duval ne parvint pas instantan&#233;ment &#224; nettoyer notre Paris des chenapans de bouge et autres voleurs que Thiers avait l&#226;ch&#233;s la veille du 18 Mars, histoire de semer le d&#233;sordre dans la capitale pour faciliter (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; Le citoyen Duval avait montr&#233; son &#233;nergie vis-&#224;-vis des marchands de r&#234;ve qu'&#233;taient les margoulins taquineurs de jeu de hasard. (Mon tendre Fran&#231;ois, j'ai appris gr&#226;ce &#224; toi et tes lettres que dans le pays o&#249; tu vis &#224; pr&#233;sent hasard est synonyme de malchance*.)&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais, qui aurait pu le lui reprocher, Duval ne parvint pas instantan&#233;ment &#224; nettoyer notre Paris des chenapans de bouge et autres voleurs que Thiers avait l&#226;ch&#233;s la veille du 18 Mars, histoire de semer le d&#233;sordre dans la capitale pour faciliter la reprise des canons de la Garde.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Comme &#224; l'accoutum&#233;e, Yves nous quitta pr&#232;s de la place d'Italie. Je restai seul avec ma ronde Madeleine et Nathalie, qui commen&#231;ait &#224; lui ressembler.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Est-il besoin de pr&#233;ciser, mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, que j'avais essuy&#233; quelques moqueries de mon amazone : &#171; Avec la canne que t'as refil&#233;e Yves et ta g&#226;pette, on dirait un marlou. On nous prendra pas pour tes gisquettes, vu la bedaine qu'on s'trimballe ! &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Il m'arrivait de ne pas saisir toutes les subtilit&#233;s lexicales de ma gavrochette&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Comme nagu&#232;re, notre retour nocturne eut un go&#251;t de d&#233;j&#224;-vu. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Un homme v&#234;tu d'une vareuse r&#226;p&#233;e se tenait, en effet, au milieu de la rue du Ch&#226;teau-des-Rentiers. &#201;merg&#232;rent de l'ombre deux autres malandrins, visiblement des rel&#226;ch&#233;s de fra&#238;che date.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je venais de toucher ma premi&#232;re paie de secr&#233;taire de r&#233;daction, telle devait &#234;tre le but de leur escapade. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; On a pas fini le boulot, la derni&#232;re fois, lan&#231;a celui que je ne reconnus pas de prime abord comme &#233;tant &#8220;Oreille-Cass&#233;e&quot;. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; La vieille, son oseille, on l'a pas trouv&#233;. Avec ces demoiselles sous notre protection, je pense que tu vas nous y conduire gentiment. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Cette crapule avait &#224; peine fini sa phrase qu'un quatri&#232;me larron, nous contournant, ceintura Madeleine, qui demeura &#233;tonnamment calme. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ce fut alors qu'&#171; Oreille-Cass&#233;e &#187; sortit un revolver de son gilet. L'irruption de cet objet comminatoire me troubla moins que l'annonce faite plus haut. Comment &#231;a ? Notre Germaine aurait eu un bas de laine plus copieux que celui dont elle nous avait parl&#233; et qui avait en grande partie servi &#224; payer ses modestes obs&#232;ques ? &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Comment ce d&#233;chet de caniveau en avait-il entendu parler, si cela &#233;tait av&#233;r&#233; ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je commen&#231;ai &#224; penser que Mattei m'avait peut-&#234;tre dit la v&#233;rit&#233;. Qu'il n'&#233;tait pour rien dans l'assassinat de notre ch&#232;re Germaine, f&#251;t-il par l'entremise d'&#171; Oreille-Cass&#233;e &#187;. Et Gautier, qu'il ne disculpait pas pour autant&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; Oreille-Cass&#233;e &#187; pointa son arme vers le ventre de Nathalie. &#171; L&#226;che ta canne ou je la plombe ! &#187;, me lan&#231;a-t-il.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; J'allai obtemp&#233;rer quand retentit un coup de feu. Je me retournai pour voir un nuage de poudre entourant Madeleine. &#192; travers sa veste, elle avait, avec son six-coups, tir&#233; dans la r&#233;gion du foie de son s&#233;questreur. Je ne la savais pas ambidextre&#8230; L'homme tomba lourdement sur son genou droit avant de s'enfuir en claudiquant.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; Oreille-Cass&#233;e &#187; dirigea alors d'instinct son arme vers Madeleine. &#171; Monsieur, ce n'est pas une canne&#8230; &#187;, hurlai-je. Il me visa alors&#8230; &#171; &#8230; mais une canne &#224; &#233;p&#233;e ! &#187; Je me jetai de l'avant, bien en appui sur ma cuisse droite, d&#233;gainai la lame de son fourreau d'acajou et piquai au poignet &#171; Oreille-Cass&#233;e &#187; fa&#231;on Nazar&#233;en. &#201;tant parfaitement de profil, la balle qui &#233;ructa de son revolver fr&#244;la &#224; peine mon veston. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; De ma main gauche et de son prolongement d'acajou, j'assenai un coup qui produisit son effet dans les c&#244;tes de l'assassin pr&#233;sum&#233; de Germaine. J'allais l'empaler au niveau du plexus avec mon &#233;p&#233;e quand un second coup de feu &#233;clata et qu'un corps lourd car inerte me bouscula. C'&#233;tait l'acolyte qui se tenait &#224; la droite d'&#171; Oreille-Cass&#233;e &#187; et que venait d'abattre Madeleine avec la d&#233;termination d'une chatte prot&#233;geant sa nich&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Tomb&#233; &#224; terre, je vis un godillot s'approchant dangereusement de ma figure. C'&#233;tait le comp&#232;re de gauche d'&#171; Oreille-Cass&#233;e &#187;. Je me prot&#233;geai avec la canne et roulai sur moi-m&#234;me, prenant ainsi mes distances. Et bien qu'ayant mes lunettes encore sur le nez, je n'aper&#231;us plus personne en me relevant. Je pointai quand m&#234;me mon &#233;p&#233;e vers un agresseur fantomatique. &#192; la faveur de la lune, je vis une lame de surin briller&#8230; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Le bougre ne d&#233;sarma pas, qui se pr&#233;cipita sur moi. Ma canne &#233;carta son estoc l&#233;tal mais mon &#233;p&#233;e ne trouva pas l'abdomen comme cruellement pr&#233;vu. Elle ne transper&#231;a que sa vareuse. Nous &#233;tions d&#233;sormais au sol, moi d&#233;sarm&#233;, lui pas !
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ultime recours, de mon bras gauche, je lui coin&#231;ai, &#224; hauteur de son coude, le bras droit, porteur du surin mortif&#232;re. Je re&#231;us un premier crochet &#224; hauteur de ma pommette droite, puis un second, et comme je hais les dictons, je lui logeai deux doigts dans les yeux, un coup de paume au menton et empoignai sa grappe comme &#224; la plus belle &#233;poque des vendanges au bord du Rhin. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Dans un cri de douleur, la souffrance d&#233;cuplant ses forces, il parvint &#224; d&#233;gager son bras droit et par l&#224; m&#234;me son surin. Je l&#226;chai prise. Groggy par les deux crochets, je m'appr&#234;tai &#224; prolonger, une fois debout, le combat gr&#226;ce &#224; mes grandes jambes quand soudainement mon adversaire debout et revigor&#233; quitta mon champ de vision&#8230; d'un coup de crosse dans la tempe gauche.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; Et de deux, Th&#233;o, tu me dois encore une tourn&#233;e de blanc !
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Gaston ? Justement je me disais que je d&#233;testais les dictons&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; On a entendu les coups de feu, on s'est dout&#233; que c'&#233;tait la frangine. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; J'ai encore rat&#233; &#8220;Oreille-Cass&#233;e&#8221;, enragea Madeleine, qui, essouffl&#233;e, tenait Nathalie dans ses bras. Il a d&#233;tal&#233; comme un li&#232;vre, en prenant soin de vous placer dans ma ligne de mire.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Alors, Th&#233;o, mon h&#233;ros, quelle botte, tu lui as faite, &#224; l'autre vache ! Je savais pas que d'Artagnan &#233;tait de Mulhouse. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Francesco n'a peut-&#234;tre pas perdu son temps avec moi. Depuis Sceaux, j'ai multipli&#233; les assauts.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je vais le travailler &#224; la caresse, le roi du surin &#187;, grommela alors Gaston, en ligotant avec son ceinturon l'homme qui se tenait &#224; la fois les parties dites g&#233;nitales et la t&#234;te dont il n'avait pas d&#251; souvent se servir.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je pris Madeleine dans mes bras et en apart&#233; : &#171; Germaine te disait tout, qu'est-ce que c'est que cette histoire de bas de laine secret ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je suis au courant mais j'ai jamais voulu en savoir plus. Th&#233;o, je ne voulais pas que tu penses que je vivais avec vous pour l'argent&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; J'ai pourtant toujours cru !, fis-je ironique.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Germaine m'a dit que vous saviez, Jeanne et toi&#8230; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Ma s&#339;ur, peut-&#234;tre, moi pas. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je crois que Germaine avait peur de te dire trop de choses, comme si, si elle t'affranchissait, tu pouvais la quitter. Elle n'a pas vu venir sa derni&#232;re heure. Elle aura oubli&#233; ou confondu&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Nous sommes en plein &#8220;Myst&#232;res de Paris&#8221;, c'est quand m&#234;me pas le tr&#233;sor de Monte-Cristo non plus, son bas de laine, Madeleine ? Notre vie devient un feuilleton : Germaine, assassin&#233;e pour son argent ? Et les Gautier et Mattei qui &#233;taient cens&#233;s me pourchasser pour mes activit&#233;s politiques&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Ils pouvaient joindre l'utile &#224; l'agr&#233;able&#8230; Gautier m'a toujours paru plus louche que le Corse. Le bonapartiste d&#233;teste les rouges mais je lui reconnais une certaine droiture, pas &#224; l'autre. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; D&#233;j&#224; que tu n'as pas voulu me dire comment tu as r&#233;cup&#233;r&#233; l'alliance de Germaine&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; C'est un secret entre Raymond et moi&#8230; Je lui devais bien &#231;a &#224; Germaine, elle m'a accueillie chez elle, comme la fille qu'elle n'a jamais eue.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je n'en demanderai pas plus&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Bon, soignons ta m&#233;chante plaie. Faut que tu sois pr&#233;sentable pour aller voter demain. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Un miracle, tes lunettes sont intactes.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; C'est demain que Joseph doit revenir de Versailles, nous dit alors Nathalie, encore tremblante et transie plus que de raison par la nuit froide. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Les moricauds, &#231;a a le sens de l'honneur &#224; ce qu'on dit, tonna Gaston, qui tra&#238;nait sur le pav&#233; l'homme au surin doublement touch&#233;. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Gaston, si tu pouvais nous &#233;pargner tes r&#233;flexions philosophiques sur mon fr&#232;re&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; La prochaine fois, je les laisserai ne pas t'&#233;pargner, Monsieur le Mousquetaire.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Parfait, mes amis, m'&#233;criai-je, pardonnez ma lassitude, mais entre une r&#233;volution improvis&#233;e, des &#233;lections par deux fois repouss&#233;es, une manifestation de singes &#224; disperser, une promotion professionnelle qui tombe du ciel, la d&#233;sertion de mon fr&#232;re et la peur de mourir assassin&#233; &#224; deux pas de la maison, avouez-le, la semaine a &#233;t&#233; interminable.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211;	Ce que le mousquetaire peut &#234;tre r&#226;leur &#187;, conclut Madeleine&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;*En portugais, la chance se dit &#171; sorte &#187;, par opposition &#224; &#171; azar &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Seizi&#232;me &#233;pisode</title>
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		<dc:date>2009-01-19T22:33:17Z</dc:date>
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		<description>&#171; Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, j'ai, en effet failli, ne jamais voter pour la Commune&#8230; Yves repassa en fin d'apr&#232;s-midi &#224; l'&#171; Officiel &#187; avec un dr&#244;le de pr&#233;sent, dont l'ironie devait me sauver la vie. &#171; Tiens, me dit-il, en enqu&#234;tant sur les &#8220;Amis de l'ordre&#8221;, un brave garde national m'a remis cette somptueuse canne &#224; &#233;p&#233;e ayant appartenu &#224; un &#233;meutier. Je me permets de te l'offrir, vu que tu n'es plus vraiment un ouvrier et que tu sais manier l'engin gr&#226;ce aux le&#231;ons de Charlemont. &#8211; Tu es (...)

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&lt;a href="http://www.maira.org/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, j'ai, en effet failli, ne jamais voter pour la Commune&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Yves repassa en fin d'apr&#232;s-midi &#224; l'&#171; Officiel &#187; avec un dr&#244;le de pr&#233;sent, dont l'ironie devait me sauver la vie. &#171; Tiens, me dit-il, en enqu&#234;tant sur les &#8220;Amis de l'ordre&#8221;, un brave garde national m'a remis cette somptueuse canne &#224; &#233;p&#233;e ayant appartenu &#224; un &#233;meutier. Je me permets de te l'offrir, vu que tu n'es plus vraiment un ouvrier et que tu sais manier l'engin gr&#226;ce aux le&#231;ons de Charlemont.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&#8211; Tu es gentil, mais je vais passer pour un vrai bourgeois&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Et si tu tombes sur les ruffians d'&#8220;Oreille-Cass&#233;e&#8221;. Maintenant que tu sors d&#233;sarm&#233;&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je ne vais pas venir au journal avec mon six-coups. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Et pourquoi pas ? &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Madeleine et Nathalie arriv&#232;rent sur ces entrefaites. Elles se dirent ravies du concert de Monsieur Daniel. &#171; La seule chose qui m'a g&#234;n&#233;e, commenta mon amazone, c'est que la plupart des airs ont &#233;t&#233; &#233;crits par des Allemands&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; M'est avis que Bach n'a jamais port&#233; de casque &#224; pointe, ma douce, r&#233;pliquai-je. Et son cousin Offenbach, il n'a pas toujours &#233;t&#233; fran&#231;ais non plus&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Pour rester dans l'ordre, encha&#238;na Francisco, l'arr&#234;t&#233; d'aujourd'hui commence &#224; porter ses fruits. On circule mieux sur les trottoirs.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Tu veux parler de celui du citoyen Duval ? &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mon tout petit Alexandre, mon tendre Fran&#231;ois, l'arr&#234;t&#233; sign&#233; par le commandant militaire Duval et le d&#233;l&#233;gu&#233; civil Rigault portait sur l'interdiction des jeux de hasard : &#171; Consid&#233;rant qu'un exemple pernicieux est donn&#233; &#224; la population par les chevaliers d'industrie qui encombrent la voie publique et incitent les patriotes aux jeux de hasard de toute sorte.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Qu'il est immoral et contre toute justice que des hommes puissent, sur un coup de d&#233; et sans peine, supprimer le peu de bien-&#234;tre qu'apporte la solde dans l'int&#233;rieur des familles ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Consid&#233;rant que le jeu conduit &#224; tous les vices, m&#234;me au crime, arr&#234;tent : Article 1er. Les jeux de hasard sont formellement interdits. Tout joueur de d&#233;s, roulette, lotos, etc. sera imm&#233;diatement arr&#234;t&#233; et conduit &#224; l'ex-pr&#233;fecture. Les enjeux seront confisqu&#233;s au profit de la R&#233;publique. Article 2. La Garde nationale est charg&#233;e de l'ex&#233;cution du pr&#233;sent arr&#234;t&#233;. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#171; Demain, il ne s'agit pas de voter au hasard, rebondit Madeleine. Monsieur Francisco nous a lu le programme de candidats du XIVe. &#199;a m'a plu. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Francisco encha&#238;na aussit&#244;t : &#171; Alors, je cite : &#8220;Abolition de la prostitution sous toutes ses formes, remplacement imm&#233;diat des congr&#233;gations religieuses par des &#233;coles libres d'instruction exclusivement la&#239;que et nationale.&#8221;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Dehors la curetaille ! s'exclama Madeleine.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je poursuis : &#8220;Instruction gratuite et obligatoire &#224; tous les degr&#233;s et pour les deux sexes.&#8221; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Vive l'&#233;galit&#233; ! &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; &#8220;Droit d'association et suppression imm&#233;diate des arm&#233;es permanentes.&#8221;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Ce n'est pas tr&#232;s original, commentai-je, tous les r&#233;publicains sinc&#232;res r&#233;clament l'abolition des arm&#233;es. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; De toute fa&#231;on, un large consensus se dessine, intervint Yves. Vu le temps imparti, il n'y a pas eu de vraie campagne &#233;lectorale. Mais les programmes se posent l&#224; ! Ce sont m&#234;me des programmes &#8220;imp&#233;ratifs&#8221;. Pour la premi&#232;re fois, on va voter pour des gens du peuple, d&#233;sign&#233;s par lui, &#233;lus pour un temps limit&#233; et sur un programme qu'ils s'engagent &#224; respecter&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Et c'est la premi&#232;re fois aussi qu'un &#233;lu sera r&#233;vocable, surench&#233;ris-je. Ce n'est plus le candidat qui impose ses vues, mais les &#233;lecteurs qui disposent du candidat. S'il ne remplit pas bien son mandat&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; &#8230; il calte, le cochon ! Pardon pour les porcs, m'interrompit Madeleine. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; J'ai crois&#233; un coll&#232;ge journaliste, Arthur Arnould. Hier, je crois, il a re&#231;u une lettre le priant de se rendre &#224; la mairie du IVe, o&#249; il est adjoint, par ailleurs. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Il monte dans la grande salle et se retrouve nez &#224; nez avec trois cents gardes nationaux d&#233;l&#233;gu&#233;s par les onze bataillons que compte l'arrondissement. Le pr&#233;sident &#233;lu par les gardes lui demande comment il compte remplir son mandat. Arnould, qui ne se d&#233;fait pas, les prie de lui poser des questions pr&#233;cises. Ses r&#233;ponses ne le seront pas moins.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Tr&#232;s vite, il s'aper&#231;oit que les citoyens ont un programme clair et qu'ils comptent sur lui pour le faire appliquer. Ils lui disent : &#8220;Nous voulons l'autonomie absolue de la Commune de Paris. Nous voulons nous administrer nous-m&#234;mes. Nous voulons que, dans l'enceinte de Paris, administration, justice, police, force arm&#233;e, tout soit &#224; nous. Nous voulons que tout ce qui touche les imp&#244;ts, les cultes, l'instruction publique, l'organisation du travail&#8230; soit r&#233;gl&#233; par nous. Nous ne voulons pas nous s&#233;parer de la France. Nous accepterons les lois g&#233;n&#233;rales &#233;dict&#233;es par le gouvernement central, &#224; condition que ce gouvernement soit r&#233;publicain&#8230; Nous voulons, en un mot, &#234;tre ma&#238;tres chez nous.&#8221; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Agr&#233;ablement impressionn&#233; par tant de d&#233;termination, Arnould ne recule pas : &#8220;Ce programme, je m'engage &#224; le soutenir, &#224; le d&#233;fendre jusqu'au bout*.&#8221; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Il risque aussi d'avoir des citoyens &#233;lus et qui n'auront m&#234;me pas &#233;t&#233; candidats &#187;, intervint judicieusement Nathalie, qui essayait d'oublier l'escapade insens&#233;e de son compagnon, le don Quichotte du d&#233;sert, mon andouille de fr&#232;re.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; En tout cas, c'est gr&#226;ce &#224; Arnould et &#224; Ranvier que les maires ont c&#233;d&#233; et que les &#233;lections auront lieu demain &#187;, s'exclama Madeleine, rayonnante, avant de s'assombrir : &#171; Ranvier l'a bien dit : &#8220;En reculant les &#233;lections, Versailles gagne du temps pour nous attaquer.&#8221;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Pourrait-on arr&#234;ter de parler de Versailles ? murmura Nathalie.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Et nous int&#233;resser &#224; la province, r&#233;pliqua Yves. Lyon, Toulouse, Marseille ont proclam&#233; la Commune. Je me suis laiss&#233; entendre dire que Saint-&#201;tienne, Narbonne&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Narbonne aussi ? m'exclamai-je en pensant &#224; Adrien et Thomas.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Je ne sais pas si le Nord va bouger, lan&#231;a Nathalie. Ce n'est pas l'id&#233;e du socialisme qui est en cause, mais le fait que les Prussiens sont partout. On a peur&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; Et comme le disait Montesquieu, argumenta Francisco, un homme qui a peur n'est plus vraiment libre.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#8211; En attendant un homme qui travaille ne l'est pas tout &#224; fait, conclus-je. Mesdames, Messieurs, donnez-moi quelques minutes. J'ai un probl&#232;me &#224; r&#233;gler concernant un correcteur ou, plut&#244;t sa d&#233;fection. Le bougre a rejoint Versailles cette apr&#232;s-midi&#8230;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Pardon, Nathalie ! &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#187; Au fait, ce soir, tu dors &#224; la maison, c'est plus s&#251;r. &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je venais de prof&#233;rer une &#233;norme b&#234;tise&#8230; &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; * Arthur Arnould a bien m&#233;rit&#233; de la Commune. Il est tour &#224; tour membre de la commission des Relations ext&#233;rieures, puis du Travail et de l'&#201;change, des Subsistances et de l'Enseignement. Il est &#233;galement, d&#232;s le 1er mai, responsable avec Vermorel de la r&#233;daction du &#171; Journal Officiel &#187; o&#249;&#8230; officie Th&#233;o. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ex&#233;cuteur testamentaire de Bakounine, il sera plus tard l'auteur de &#171; l'Histoire populaire et parlementaire de la Commune de Paris &#187;, mais aussi un romancier, un feuilletoniste &#224; succ&#232;s ainsi qu'un th&#233;osophe &#8211; il sera l'un des introducteurs du bouddhisme en France. Nous est avis que Th&#233;o nous entretiendra longuement de ce personnage aussi int&#233;ressant qu'oubli&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.maira.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;/div&gt;
		
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